Keith Emerson, du haut de ses 65 ans, n’a vraiment plus rien à prouver. Et à qui que ce soit. Leader en son temps d’une des formations rock progressives les plus influentes des seventies (je ne vous ferai pas l’affront de vous la citer), il est aussi (à l’instar de Jon Lord) l’un des meilleurs claviéristes rock de sa génération. L’Anglais est capable de s’immiscer dans tous les styles : Jazz, Rock, Classique, Progressif, Blues, Classique. A l’écoute de son nouvel opus, « Keith Emerson Band Featuring Marc Bonilla », deux mots viennent immédiatement à l’esprit : ‘Ouais, Bof’.
Je le répète, Emerson peut tout jouer ; et, sur cet album, il ne s’en prive pas. Progressif, Jazz, Ballades, Pop, Rock, Musique d’église, Classique, tout y passe. Cependant, cette diversité nuit beaucoup à l’homogénéité de l’elpee. On a l’impression d’être en présence d’une démonstration de talent du style : ‘Je peux tout faire, et je le prouve’. Bien sûr, instrumentalement c’est parfait parfait. Fignolé jusqu’au dernier détail. Comme il fallait s’y attendre, les claviers se réservent l’essentiel de l’espace sonore : Grand Piano de Concert, Orgue Hammond, Synthé Moog, Harmonium, Synthé Korg. Pas un seul instrument à clavier ne passe pas sous les doigts agiles du virtuose britannique. Les guitares sont assurées par Marc Bonilla, comme pour l’album de Boys Club (Emerson, Hughes et Bonilla) sorti récemment. Il faut avouer que le bonhomme s’y entend pour délivrer des soli magiques qui collent parfaitement à la musique d’Emerson. La batterie est assurée de main de maître par Gregg Bissonette (ex- David Lee Roth, Joe Satriani, Frank Zappa) et la basse par le requin de studio Bob Birch.
Ce Cd est certainement un must pour tous les fans d’Emerson et une grande leçon pour tous les claviéristes en herbe. Cependant, il n’est probablement pas le meilleur moyen de découvrir la musique d’Emerson. Tout autre album d’ELP ferait bien mieux l’affaire.

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