Bah alors ? Qu’est ce qu’il lui arrive au petit Richard Melville ? Quelqu’un lui aurait marché sur les pieds sans présenter ses excuses ? Quoi qu’il en soit, Moby est triste et le fait savoir haut et fort. « Wait For Me », le neuvième recueil du bonhomme tourne le dos au dancefloor. Celui que l’on croyait réconcilié avec les beats dansants (« Last Night », 2008) fait un petit retour en arrière et se concentre sur l’aspect ‘ambient’ de ses vieux travaux. Le New-yorkais mise à fond sur le spleen, allant jusqu’à flirter avec le « Music For Airports » de Brian Eno. Mais sans atteindre le brio de ce dernier.
« Wait For Me » contient probablement quelques unes des meilleures et des plus intenses compositions jamais écrites par son géniteur (« Pale Horses », « Shot in the Back Of The Head », « Wait For Me », …) Mais Moby est également enclin à se laisser aller à une emphase irritante, notamment lorsqu’il nappe ses morceaux d’une couche dégoulinante de cordes synthétiques aux sonorités souvent similaires. Un peu comme s’il cherchait à y poser un leitmotiv qui, au final, n’apporte pas grand-chose à l’ensemble. A condition d’oublier ces quelques titres superflus, « Wait For Me » s’écoute tranquillement allongé sur le gazon, les yeux rivés sur les étoiles. Une chose est sûre, Moby n’est jamais aussi bon que dans la sobriété et loin de la pop.

Nederlands
Français 
