Après avoir édité un mini-album autoproduit en 2004, The Fatales nous propose son premier elpee : « Great Surround ». Le quatuor new-yorkais s’est offert les services d’Andy LeMaster (Bright Eyes, PacificUV, Azure-Ray) pour produire son premier opus à Athens, en Géorgie (USA).
Marqué par la new-wave des 80’s, The Fatales est responsable d’une solution sonore cold wave sans faille et d’une netteté surprenante. Vacillant dans un genre musical qui a tendance à se mordre la queue, The Fatales innove. Aux influences culturelles d’inspiration européenne, les quatre Etasuniens élaborent un projet entre new new-wave et peinture impressionniste. Leurs coups de pinceau sonores se voilent d’arrangements subtils de cordes et d’habillages électroniques vaporeux et oniriques. Les guitares, vertigineuses et aériennes, survolent les brumeuses falaises britanniques. Se posent imperceptiblement. A la limite de l’audible. Sur une toile primitive flamande, se cristallisent enfin.
Ces sortilèges nous fascinent et nous égarent sur des chemins de neige ou encore de brume. Comme lorsque le duo batterie-piano rencontré sur « Old Painter » nous invite à fouler, juste du bout des yeux, les paysages très dépouillés et mélancoliques du peintre impressionniste belge Valerius De Saedeleer (illustration de la pochette). Les amoureux du septième art ne seront pas en reste. Quand les Américains décident de revisiter la culture étasunienne, ils s’attaquent aux atmosphères intrigantes et hypnotiques de David Lynch. « Stadtpark », « City en Route » ou le très éthéré « Violette » s’imprègnent largement de la bande son de Twin Peaks.
Cependant, la musique de The Fatales reste avant tout un héritage new-wave mis en abîme. Ainsi, « Evergreen », en ouverture de l’album, nous plonge très vite dans un univers proche de celui d’And Also The Trees. Univers où l’on rencontre aussi le spectre de Robert Smith qui hante la perspective, le clivage des roches, la ligne d’horizon. « Darkened Country » en témoigne par sa flagrante analogie avec « A Forest » de The Cure.
Quant à la voix brumeuse de Wayne Switzer (chant/guitare/clavier), elle coïncide souvent avec celle des britanniques Tom Smith (The Editors) et Paul Banks (Interpol) et nous étonne lorsqu’elle se heurte parfois et se froisse sous le choc de celle de Morrissey sur « Vanishing Act ».
The Fatales nous propose globalement une douce mais vénéneuse cold wave qui s’éloigne des sentiers battus et se distingue tant par la diversité de ses références artistiques que par la qualité et l’originalité de ses arrangements. Les ambiances introspectives et mélancoliques raviront certainement les amoureux du genre qui se conforteront délicieusement à l’écoute de ce premier opus.

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