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Knowledge you can't get in College

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RJ Mischo est un excellent harmoniciste. Ce n’est pas encore un vétéran, mais il compte déjà vingt bonnes années de carrière au compteur. En outre, il jouit encore et toujours d’une solide réputation sur la scène contemporaine. Il se considère même comme un monarque de l’harmo. D’ailleurs, lorsqu’il est photographié, il aime poser la tête ceinte d'une couronne. Il a opéré ses débuts à Minneapolis, sous l'œil bienveillant de Mojo Buford, autre souffleur qui avait milité au sein du band de Muddy Waters. Il monte sa première formation en compagnie du guitariste Teddy (alors Kid) Morgan et du chanteur noir Percy Strother. De ce projet naîtra un elpee : "Ready to go". Publié en 92. Au cœur des années 90, il tourne régulièrement en Europe et signe deux opus pour l’écurie allemande Crosscut : le live "Rough 'n' tough" et "Cool disposition". Respectivement en 96 et 97. En 1998, RJ émigre sur la côté Ouest des States. A San Francisco, très exactement, où il ne tarde guère à se faire une solide réputation. Il enregistre régulièrement et participe à deux volumes des "Blues Harp Meltdown", pour le label Mountain Top, et concocte un superbe album en 99, "West wind blowin'". Il participe au projet Downhome Super Trio, en compagnie de Frank ‘Paris Slim’ Goldwasser et du drummer Richard Innes, une aventure immortalisée par le long playing "Live at Lucerne Jazz Festival", un disque à nouveau publié chez Crosscut, en 2003. Il commet encore, toujours pour la même boîte, "Meet me on the coast" la même année et "He came to play" trois ans plus tard. Son dernier cd, "King of a mighty good time" date de 2008. Depuis, il s'est installé à Fayetteville dans l'Arkansas.

“Knowledge you can't get in College” constitue donc déjà son dixième album. Et pour le confectionner, il est retourné en Californie, du côté de San José, dans le studio Greaseland du guitariste Chris ‘Kid’ Andersen. Il a en outre reçu la collaboration de professionnels du style : Kid Andersen et Rusty Zinn aux guitares, Sid Morris aux claviers, June Core aux drums et Kedar Roy à la basse. Rien que du beau monde!

La ‘connaissance’ de Mischo s’ouvre par "Two hours from Tulsa", une compo évoluant sur le rythme d’une rumba. Les deux gratteurs sont à l'affût ; mais c'est le Kid qui décroche le droit de sortie. Toujours aussi inspiré, l'homme du nord ne concède que les notes qui tuent. Il est toujours au sommet de son art. Au sein du décor sonore, Zinn écrase modestement une pédale. RJ souffle judicieusement dans son instrument chromatique. Tout en jazz et swing, "Too cool for school" est un instrumental court, nerveux et rapide. La section rythmique est mise à l'épreuve. Kedar Roy assure pourtant sur sa lourde contrebasse acoustique, tout comme June Core derrière ses fûts, à l’instar de Matthew Dallonge, l'œil rivé sur la silhouette féline de son leader. Le titre maître démarre en puissance. Une compo qui avait forgé la notoriété de Slim Harpo, sur les routes humides qui reliaient la Louisiane au Texas voisin! Mischo chante "Little Joe" d'une voix soul. Une ballade légère et atmosphérique baignant au sein d’un climat empreint d’une grande sérénité. June et Rusty entretiennent de subtiles percus à l’aide de leurs mains, alors que Lisa Lou y pose son timbre féminin. Le sextet est vraiment convaincant tout au long d’"Ain't nothin' new", une plage légèrement R&B, illuminée par la guitare largement amplifiée de Rusty Zinn. Une petite perle dans le style, digne d’un certain Paul Butterfield. Sid Morris s’installe derrière son piano pour introduire "Ruthie Lee", une compo issue d’un autre pianiste légendaire, Roosevelt Sykes. Une bonne tranche de Chicago blues caractérisée par les excellents soli d'Andersen et RJ. "Big plans" et "Rich cat" évoluent dans un même registre, tout en poussant Rusty Zinn à l'avant-plan. Imprimé discrètement sur un tempo boogie, le "Please don't leave" de Big Lucky Carter est certainement un des meilleurs morceaux de l’elpee. Très en verve, Zinn y tire parfaitement son épingle du jeu. Accrocheur et hypnotique, "Don't look twice" emprunte un thème proche de Slim Harpo. Mischo souffle à la manière de Sonny Boy Williamson II, sur un autre instrumental intitulé "Teacher's pet". "Devil's love sin"/The wrong man" est un medley relevant successivement des plumes de Walter Vinson et Mojo Buford. L’immersion dans les profondeurs du Chicago Souhside est totale. Et lors de cette adaptation, Mischo est vraiment dans son élément. Les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans envahissent "Down in the bottom", Sid se chargeant de baliser le tout de ses ivoires. RJ se retire en toute quiétude en interprétant le "Mama don' t tear my clothes" de Snooks Eaglin. Un excellent album!

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: R.J. Mischo
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Greaseland
  • Date: 2009-12-31
  • Rating: 4
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