Cette formation issue de Washington DC pratique le roots blues depuis ses débuts. Soit près de quarante ans ; c’est-à-dire en 1972, très exactement. Mark Wenner en est le fondateur. Un chanteur/harmoniciste dont le corps est couvert de tatouages. C’est également le leader du quartet. Un combo responsable d’un nouvel opus. Acoustique, il est consacré à des covers de compos notoires. Lors des sessions d’enregistrement, l’excellent chanteur/drummer Pete Ragusa était encore à son poste. Mais depuis, il a quitté le navire. Il a été remplacé par Mark Stutso, un musicien qui militait, il y a peu encore, au sein des Drivers de Jimmy Thackery (NDR : pour votre info, sachez qu’il était le premier guitariste des Nighthawks!) Mark est aujourd’hui soutenu par le guitariste Paul Bell et le bassiste Johnny Castle. Les sessions d’enregistrement se sont donc déroulées ‘live’ et sous un format acoustique, au sein des studios de la Radio Satellite Sirius XM, à Washington.
Le disque démarre très fort par une cover du "The chicken and the hawk" de Big Joe Turner. La section rythmique libère énormément de swing. Un swing entretenu par la contrebasse de Johnny et les balais de Pete (NDR : de véritables caresses !) Mais la singularité de cette œuvre procède du jeu quasi manouche de Bell sur ses cordes acoustiques. Mark souffle dans son harmonica Hohner. Il est au sommet de sa forme. Et on sent que les deux musiciens éprouvent beaucoup de plaisir à jouer ensemble. Le "Nineteen years old" de Muddy Waters épouse un même profil. Mark chante comme possédé. Et ses interventions vocales sont convaincantes. Paul injecte beaucoup de passion et d’émotion dans les sonorités de sa National steel resonator. L’adaptation unplugged d’"I'll go crazy" de James Brown est une belle réussite. Le combo au complet participe aux chœurs doowop. L'attaque opérée sur "You don't love me" est directe. Le souffle de Mark réservé à son harmo est clair et impeccable. Un véritable régal ! Un style qui colle indéniablement au swamp blues. Et le "Rainin' in my heart" de Slim Harpo, dont le climat nous pénètre insidieusement, en est une parfaite illustration. La complicité échangée entre Mark Wenner au chant et à l’harmonica ainsi que Paul Bell au bottleneck est propice à la mise en valeur de canons du blues ; et en particulier "Can't be satisfied" et "Rollin' & tumblin'". Et comme tout roule, les Nighthawks osent s’attaquer à du pur rock'n'roll. En l’occurrence au "Thirty days" de Chuck Berry. L’intro du "Mighty long time" de Sonny Boy Williamson est bouleversante. Les sonorités fragiles dispensées par l’harmonica sont balisées par les accès de contrebasse (NDR : imposante !), concédés par Mr Castle. La voix de Mark est empreinte de respect et de réserve. Les six cordes peuvent opérer leur entrée et repasser à l’avant-plan, lors de cette plage destinée aux souffleurs. On épinglera encore un autre hommage réservé au génial harmoniciste, Little Walter, lors d’une adaptation de son "High temperature", enrichie de chœurs doowop. Tous à Ecaussinnes!

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