C'est le soir... Jésus est entré dans un jardin où il allait souvent prier... l'espace 251 Nord, logé au pied des collines, jadis couvertes de vignes gorgées de raisins.
Et là... il a commencé à être très triste... Pourquoi ?... Parce qu'il voyait tous les péchés des hommes... Jésus est Dieu... Il sait tout... Il voyait tous les péchés que les hommes avaient fait depuis le commencement du monde... tous les péchés que nous ferions... tous les grands et vilains péchés que les hommes feraient... Il voyait que beaucoup d'hommes iraient en enfer... et il en ressentait une très grande peine.
Puis Judas, son grand pote est arrivé, entouré de tous ses amis. Ses vrais amis. Ses faux amis. Même ses amis Facebook. Il a regardé Jésus, lui a filé quelques amphétamines, payé quelques bières et lui a roulé une pelle.
Et soudain, Jésus a tout compris...
Samedi 4 août…
C'est sous un soleil fracassant que la suite des hostilités se déroule. Au programme de ce début d'après-midi, les excellents Liégeois de Leaf House. Envoûtante à souhait comme à leur (bonne) habitude, leur performance est d'autant plus impressionnante qu’elle n'a duré que 30 minutes.
Les relents d'hier pâteusement logés aux commissures des lèvres, je rejoins Luc, Pierre et toute la clique.
V.O. succède à Leaf House dans le chapiteau, mais s'oublie au passage.
Trop accaparée par un soleil devenu rare ces derniers temps, la plèbe se précipite au dehors, laissant la suavité langoureuse du sextet bruxellois mordre la poussière.
Vaguement remuée par l'intensité de Räpe Blossoms ou émoustillée par la loufoquerie de GaBLé, c'est dans la curiosité que l'assistance se retrouve en début de soirée pour la prestation attendue de Colin Stetson, porté aux nues par la presse musicale insulaire suite à ses envolées expérimentales.
Armé de son gigantesque organe aux sonorités éléphantesques, l'Américain en rajoute des tonnes et assomme mes quelques derniers neurones réceptifs, sous un déluge de technique barbante.
Plein de promesses déçues s'envolant dans un long barrissement halluciné, ce qui promettait d'être une impulsion ouatée s'avère un délire vrombissant.
Cela aurait pu être. Encore eut-il phallus...
Visions de Jésus nimbées de plaisirs solitaires, calices bus jusqu'à la lie et vagissements divers ponctuent les minutes qui passent.
Les excellents The Monsters, prodiguent alors un torrent salvateur de Garage aux douces connotations sixties. Sous les assauts de deux batteries chevauchant leur Rockabilly endiablé, ces vieux briscards réveillent la trique somnolente et préparent à la débauche frénétique des iconoclastes de Bonaparte.
Ceux-ci achèvent de stigmatiser les libidos les plus encrassées, lors d’un show jouissif, haut en couleurs et ponctué de scénographies érotico trash du meilleur effet.
Une explosion de débauche électrifie une atmosphère soudain parcourue de frissons polissons, qui s'étendent alors sur toute la plaine, avant d'envahir le ciel, débordant bien au delà de l'espace circon(cis)scrit.
Enfin, Tim Exile se charge de donner les premières touches de couleurs sonores aux lumières de la nuit. Alors que je m'y engouffre.
Jésus prenait tellement son pied, qu'une sueur sortait de son corps en gouttes de sang qui tombaient jusqu'à terre !
C'était la PASSION de Jésus qui commençait.
(Organisation: JauneOrange)

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