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Bucolique 2012 : samedi 25 août

Écrit par - Adrien Fassotte et Akim Serar -

Fuyant une actualité devenue folle (la mort d’un cycliste qui a marché sur la lune et le visage du Christ défiguré par une vielle dame aux talents incertains), votre paire malicieuse s’est abritée ce week-end dans un havre de paix, logé au cœur du Condroz.

Relogé aux pieds du château de Ville-My pour sa septième édition, le Bucolique reste, à bien des égards, un événement hors du commun.

Prouvant si besoin est qu’il n’est nul besoin d’attirer des stars internationales pour concocter une affiche de choix. 

 Au menu, éco-responsabilité, nourriture de qualité à prix défiant la concurrence, joutes théâtrales, fanfares endiablées, et surtout, surtout, quelques fleurons de notre pays, loin d’être plat quand on aborde son versant musical.

Samedi 25 août.

Appréhendés par une vache au regard hagard et sollicités par une coccinelle hérétique, nous arrivons en retard sur le site verdoyant du festival, absolument confus et contrits à l’idée d’avoir manqué The Themis et de devoir ici relater les impressions d’un spectateur ou l’autre trié sur le volet.

Hélas, après de vaines recherches, il nous sera impossible de retrouver l’une des trois personnes présentes à cette heure précoce du jour.

A vrai dire, Recorders a déjà entamé son set, et le public est encore parsemé sous la toile du chapiteau, alors que nous nous y engouffrons.

Armé de bonne volonté, le jeune combo s’évertue à sensibiliser la maigre assistance à force de mélodies teintées sombrement d’une vague loin d’être nouvelle.

Si le single « Someone Else’s Memory » jouit d’un certain intérêt sur les ondes positives d’une certaine radio FM, le résultat en ‘live’ reste encore pâlichon et demande à être réexaminé dans des conditions plus propices.

Le public recèle encore de nombreux curieux mal éveillés quand Gaëtan Streel et ses quelques musiciens décident de poser leurs valises emplies de rêves et d’escapades ensoleillées sous les projecteurs de l’unique scène du jour.

Amputé d’une bonne partie de son groupe et rejoint in extremis par sa claviériste, le talentueux Liégeois distille son folk aérien ; et comme d’hab’, l’artiste est de charmante humeur.

Le répertoire issu de son premier et élégant premier album (« One Day Day At A Time » publié chez Jaune Orange), enrichi d’un inédit en mode test, ravit les grappes d’auditeurs qui commencent à se former, et timidement se regrouper.

Habitué à se produire devant bien plus de peuple, Gaëtan affiche pourtant la même volonté de donner le meilleur de lui, et offre ses chansons avec autant de générosité qu’il ne nous gratifie de son sourire.

« Whatever I Shall Say » et « I’m Gonna Get Through Fall » lancés en éclaireurs dans les brumes épaisses de nos esprits encore anesthésiés par la nuit Electro de la veille, et en arrière plan, ces images cinématographiques qui s’impriment dans nos imaginaires à l’écoute de ces pépites pop, tantôt sucrées, tantôt enlevées, toujours empreintes d’une douce nostalgie ensoleillée.

Quelques bouffées de soleil plus tard, nous sommes confrontés à une grande énigme : Stereo Grand.

La première impression que la formation nous avait laissée, en mai dernier, à Liège, était pour le moins mitigée.

Il faut dire que le groupe cultive un sens quelque peu démesuré du spectacle.

Une scénographie fort imposante. Des éclairages sophistiqués destinés à jouer sur les contrastes blancs. Des milliers d’euros de matériel. Bref, un équipement qui fait quelque peu tache dans un cadre bucolique.

Du coup, on craint une poussée d’ego surdimensionné et d’arrogance mal à propos.

Que nenni !

Les compos sont certes ultra communément pop, mais elles lorgnent avec insistance outre-Manche voire outre-Atlantique ; cependant, l’interprétation ne manque ni de gouaille, ni de panache et la maîtrise est parfaite. Conclusion, SG ne se la joue absolument pas en conquérants.

Si ces jeunes gens bien propres sur eux se rêvent sûrement plus à Wembley qu’en plein cœur d’une nature campagnarde, et bien sur scène, cet état d’esprit ne transparaît pas.

L’habit ne fait donc décidément pas le moine. Ce qu’illustre parfaitement ce combo belgo-écossais au travers de son album « The Invisible Wall ».

Malheureusement, pour d’affreuses raisons de timing, le set doit être écourté.

Alors, humbles et nimbés de couleurs, le Stereo Grand s’en est allé.

Laissant derrière lui une excellente impression.

L’heure est au grand écart, en compagnie de BRNS, quatuor qui confirme tout le bien qu’on dit de lui, et ce, de prestations en prestations.

Une explosion de contrastes entre atmosphères nuancées.

Inventive sans être rébarbative, leur musique semble embrasser plusieurs styles tout en se révélant particulièrement cohérente, formant un patchwork résolument emballant, le tout dans une bonne humeur communicative.

De Ferrières à Mexico, le vol ne prend pas plus d’une poignée de secondes. Vol malheureusement écourté pour d’affreuses raisons de timing (impression de déjà vu).

Anecdotes de comptoir et coulées de bières fraîches dans les pissoirs, et on repart de plus belle.

Place au cuir version simili et à la sueur labellisée Narta. Le trio Elvis Black Stars vient de monter sur les planches.

Efficace, certes, mais un poil trop sobre et maniéré que pour convaincre réellement. Il y a néanmoins, de la bonne volonté et de la qualité.

Mais dans ce registre, la différence se joue sous la ceinture, et cet Elvis semble manquer de poids.

Le son est puissant, mais la trique est molle.

Il y a de la gomina, là où on souhaite du cambouis, et du marcel qui transpire trop proprement.

Rien d’affligeant, juste un peu dérangeant. Mais pas de quoi gâcher l’agréable sentiment d’une après-midi se terminant.

Petit tour au château, avant la dernière ligne droite, où nous sommes accueillis de fort agréable manière (c’est aussi ça, le Bucolique Festival).

Quelques ‘coupettes’ de champagne plus tard, alors que le soleil s’apprête à lécher l’horizon, Dan San caresse l’atmosphère de ses délicates sonorités.

Nimbées d’une aura mystérieuse, délicates et fragiles, malicieuses comme un feu follet, et enrobées d’imperceptibles subtilités, les chansons du combo liégeois s’expriment mieux dans des endroits plus confinés mais se saisissent néanmoins des attentions, à cette heure, toutes prêtes à être détournées.

La nuit avance se diluant dans le ciel, et les silhouettes se fondent à présent dans l’opacité de l’air.

Suivant le tracé d’une montagne qui se dessine sous nos yeux, nos esprits vagabondent le long de la scène, où s’installent bientôt les prémices d’une surprise de taille.

Quelque peu refroidi par quelques prestations acoustiques, somme toute sympathiques mais qui n’avaient guère éveillé en notre fors intérieur, une flamme passionnelle, je constate que les Great Mountain Fire ont décidé de se brancher sur l’électricité. Et c’est une très bonne nouvelle !

Et chevauchant le vent, vont cette fois nous démontrer l’étendue de leur talent.

De fait, maîtrisant parfaitement leurs sujets, ces seigneurs des grands espaces mêlent l’élégance pop à la fulgurance du rock sur leur album « Canopy » ; un génie perceptible sur disque qui prend pourtant toute son envergure quand le groupe déploie ses ailes comme ce soir.

Une prestation de toute grande facture qui interpelle et semble poser les jalons d’une conquête de territoires toujours plus vastes.

Le meilleur moment de ce week-end, à n’en pas douter.

Ravi par tant d’excellence, il me reste à trancher entre faire ripaille en bonne compagnie ou subir le concert (NDR : qui a dit horrible ?) de Joshua.

Conversant avec quelques poissons rouges en manque d’oxygène, je ne vois pas le temps passer, et oh ! Zut ! J’ai raté Joshua.

Tant pis !

Il se fait tard et la nuit est loin d’être finie.

Montevideo installe donc son rock élégant entre les étoiles.

Son chanteur charismatique dépose sa voix suave sur des compositions nichées dans le creux du temps, entre différentes époques.

Libre et décomplexée, la musique de ce groupe se moque des étiquettes et instaure un climat chatouillant légèrement les sens.

Alors que DJ Grounchoo s’installe derrière les platines, vos serviteurs sont déjà noyés dans l’obscurité de la plaine.

Il fût un temps où être Belge était un handicap de taille sur la scène musicale.

Aujourd’hui, en proposant une affiche presqu’exclusivement issue du terroir, le Bucolique peut se targuer d’avoir, si non amassé les foules, au moins offert un large panel des plus belles promesses de nos contrées.

Et comme ce qui était à Ferrières ne sera plus à faire demain…

(Organisation : ASBL Bucolique)

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2012-08-25
  • Festival Name: Bucolique
  • Festival Place: Site du château de Ville-My
  • Festival City: Ferrières
  • Rating: 0
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