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Kim Deal - De Roma

Crossing Border 2012 : dimanche 18 novembre

Écrit par - Akim Serar -

Les barrières culturelles érigées par les hommes sont parfois aussi hautes que stupides. Et vouées aux mêmes lois de gravitation que les amas de gravas façonnés par leurs mains.

Dans cet esprit, rencontre-t-on encore quelques éclairés ou éclaireurs, pour braver l’obscurité de telles aberrations et emmener dans leurs sillages, une foule de déserteurs, rebelles face au manichéisme ambiant.

Le Crossing Border Festival, sans s’ériger en fer de lance d’une rébellion socioculturelle, affiche néanmoins l’ambition de brasser large en termes de culture, et permet au public de s’immerger au sein d’une atmosphère pluridisciplinaire oscillant de l’écriture aux arts visuels, en passant par la musique. Et bien entendu, en proposant une parfaite symbiose entre ces Arts, se transforme ultimement en voix criant une même soif d’expression(s).

S’installant au cœur de la métropole anversoise depuis quatre années, cet événement se scinde l’espace d’un long week-end.

Une frontière invisible et discontinue, comme un fil, reliant La Haye aux confins de l’Escaut. Une frontière dressée afin d’être franchie avec enthousiasme.

L’Arenberg est un magnifique théâtre et l’endroit idéal pour de telles festivités. Situé au centre d’Anvers, son architecture mêle habilement modernisme et académisme. Pas étonnant qu’il abrite pareille manifestation.

Gravissant deux à deux les marches qui mènent aux étages, je repère furtivement le nom des différentes salles où se déroulent, ce dimanche, les différentes prestations.

Direction le ‘Continental Upstairs’ où les Anglais de Toy semblent déjà occupés de lézarder les murs de cet espace semi-ouvert. Pétarade joyeuse entre Kraut, Psyché et Shoegaze, ce groupe semble avoir enfourché une bécane diabolique dont le pot d’échappement éructe et vocifère en s’engouffrant dans les abysses de l’enfer. Pour une première apparition en nos terres, ces jeunes pousses décident d’ériger un mur du son entre le public et eux. Pas forcément le bon choix, car en ces lieux, le son est brouillon et beaucoup, beaucoup trop puissant, pour en deviner les mélodies assassinées. Si adrénaline et potentiomètre dans le rouge peuvent en effet stimuler les neurones, ici, le résultat est accablant. Trop fort, éreintant, la puissance libérée n’a malheureusement pas servi ce band, auteur pourtant d’un des meilleurs albums publiés en 2012. A revoir dans d’autres circonstances.

Pas le temps de soigner nos tympans saignants, direction la Zona Rosa, où ce soir Spiritualized s’installe devant un parterre assis, mais déjà acquis à la cause de son leader charismatique, j’ai nommé Jason Pierce. Dans l’enceinte de ce théâtre dessiné en demi-cercle, bordé de hautes loges, les premières notes de « Sweet Jane », extrait du dernier album en date (« Huh ? »), enveloppent l’espace ; et bientôt, c’est une secousse frénétique et psalmodique qui virevolte dans l’air, avant de retomber dans l’« Electicity » ambiante. Stroboscopes et projections murales, montées et descentes fulgurantes ; oui, encore une fois, sous l’égide de Jason, ‘Ladies and gentlemen, we’re floating in space’. S’il est difficile d’entrer de plein pied dans ce type de concert, une fois nos séants si foutrement bien installés, force est de constater l’indéniable talent de Mr Pierce à communier avec lui. Et quand quelques bribes de « Can’t help falling in love with you » transparaissent, nimbé d’une aura Gospel par le chœur bicéphale situé dans le dos de celui-ci, un frémissement parcourt l’échine de chaque mélomane présent au sein de l’auditoire. Et standing ovation pour saluer cette performance.

Il faudra se passer de Hannah Cohen. C’est le seul bémol de ce festival. Faute de place et de don d’ubiquité, il faut parfois faire fi de toutes ses envies et choisir minutieusement les artistes que l’on souhaite voir, si on ne veut trouver porte close.

 Une petite soupe plus tard, First Aid Kit s’installe dans le club de Ville, au rez-de-chaussée.
Ambiance feutrée pour ces deux Suédoises aux allures ‘brontëennes’. Fidèles à elles-mêmes, déclinant leurs tristes complaintes sur un ton enjoué. Folk et si fleuri, qu’on s’attend à chaque instant à voir débouler sur l’estrade Laura Ingalls. Succès public incontestable.

Mais mes pas, mes yeux et surtout mes oreilles n’ont guère envie de s’attarder au sein de cet univers. Promenade au marchandising puis passage au bar d’urgence, et nous sommes invités à écouter un épisode croustillant de la vie sexuelle de Viv Albertine. L’ex-Slits se charge de lire en toute décomplexion un des épisodes les plus troublants de son parcours sentimental.

James Fearnly est venu faire la promo de son livre. Il consent à faire quelques révélations au sujet de son aventure vécue chez les Pogues. Manifestement, le comportement disloqué de Shane McGowan a ruiné bien des espoirs et trop souvent sapé le moral des troupes. Néanmoins, lesdites révélations ne nous apprennent rien de bien neuf ; mais face à un tel déballage, on est pris d’un léger malaise. Sans doute faudra-t-il en lire davantage pour se faire une idée plus précise de cet épisode.

Bref, l’heure tant attendue est arrivée. Je vais enfin pouvoir comprendre tout le bien qu’on dit de Poliça. A sa tête, Channy, joli minois mais surtout organe épatant. Tout en évitant d’en remettre deux couches, elle pose le spectre de sa voix sur des rythmiques sournoises et absorbantes, qui doivent autant au funk qu’aux expérimentations binaires. La belle de Minneapolis a (stupide jeu de mot !) de quoi alimenter les conversations autour des Polls de fin d’année. Envoûtante, et hybride, la musique de ce groupe qui selon la rumeur compterait Prince et Jay- Z parmi ses fans inconditionnels, réinvente la Pop mais aussi le R’n’B et en fournit une version neuve ; ce qui révèle quand même un sacré tour de force. Assurément groupe à suivre, à voir et revoir. Ça tombe bien, ils seront sur les planches de l’AB, ce 19 mars 2013. D’ici là, leur LP « Give You The Ghost » pourrait se targuer d’avoir changé la face du monde.

Et pendant ce temps, Gaz Coombes peine à susciter l’attention d’un public très clairsemé. Triste constat pour l’ex-Supergrass, dont la Pop devenue mièvre et pâle, n’émeut plus grand monde aujourd’hui.

C’est sous les envolées de violon d’Andrew Bird que s’est achevée cette édition du Crossing Border Festival, qui d’année en année, s’impose comme un rendez-vous incontournable.

(Organisation : Crossing Border en collaboration avec l’Arenberg Schouwburg)

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2012-11-18
  • Festival Name: Crossing Border
  • Festival Place: Arenberg Schouwburg
  • Festival City: Anvers
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