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Epica - 18/01/2026

Ardentes 2009 : samedi 11 juillet

Écrit par - Eric Ferrante -

Un samedi soir dans la cité ardente. A l’image du vendredi, ce samedi 11 juillet s’annonce très festif. Cependant, plus encore que les jours précédents, c’est une programmation sensiblement plus bigarrée qui s’offre aux visiteurs. Du son pour toutes les oreilles et pour toute la nuit : rock, pop, trip-hop, électro/house, dubstep, drum’n’bass… Les influences se côtoient, puis s’associent et s’entremêlent. Dans l’espace qu’elles creusent, elles se lovent et s’épousent, distillent subtilement, dans cette nuit sonore qui s’égrène, des nectars les plus sombres aux sucs les plus radieux, des sèves les plus douces aux crus les plus rythmés. L’âme s’apaise, les cœurs bondissent. Chaque musique a ses couleurs. Délicates ou explosives, brusques ou nuancées. Ici, très mystérieusement, le plus subtil rejoint le plus bruyant à la lisière du sublime.    

Trois membres du collectif liégeois Jaune Orange étaient conviés à ouvrir le chemin musical de cette troisième journée. Tandis qu’Airport City Express et les très prometteurs Malibu Stacy gravissent la scène de l’Open Air, Dan San se charge, par la caresse, de réveiller avec tendresse l’à peine endormie HF 6, de sa pop acoustique et très mélodieuse.

L’écrin électro/pop s’ouvre très rapidement dans la soirée sur les talentueux John & Jehn. Le duo fait son cinéma, et ça marche ! Les french-lovers dandys exilés à Londres nous immergent subrepticement au sein d’un univers sombre. Atmosphère éclipsée par des stroboscopes aveuglants qui plongent le spectateur dans des eaux troubles et sombres d’un  film en noir et blanc. Comme le décor granuleux d’un film de Cassavetes, l’image s’imprime sur la scène de l’HF 6. On en revient donc à la description développée lors de ma chronique de leur album éponyme, le 7 juillet dernier : ‘Elle, Camille Berthomier, clavier, voix, basse. Lui, Nicolas Congé, chant, guitare, basse. Le couple, à la ville comme à la scène, affiche une attitude sombre, stylisée et sensuelle. A l’image de The Kills, le couple s’harmonise; le son et les voix s’épousent, s’entrelacent, fusionnent en pop. Malgré les influences évidentes du Velvet Underground et de Joy Division, John & Jehn parviennent à créer leur propre monde musical. Minimaliste et puissant. Une musique magnétique et sensuelle affichant un romantisme désabusé. Un rock garage crasseux aux riffs qui montent en colère pour atteindre le larsen et parfois effleurer la noisy’. Et cette intelligente fusion est soutenue par une boîte à rythmes omniprésente et efficace. Hormis quelques imperfections de jeunesse, John & Jehn est indéniablement un groupe en devenir.

A peine le temps de traverser le sentier des saveurs, pour y découvrir Triggerfinger. Le trio anversois ronronne sans complexe et nous assomme d’un rootsrock puissant. Une voix forte, des riffs furieux et une basse hyper puissante soutenue par une batterie qui frappe en rythme. Un rock classique sans tâche qui révèle trois excellents musiciens sur scène. Le public tombé par accident face au trio explosif se laisse facilement porter par le son énergique du groupe. Pari gagné par les trois Anversois. 

Quand la voix casse, rien ne passe ! Celle de José Reis Fontao, leader de Stuck in the Sound, devait déclarer forfait à la dernière minute. Heureusement, Hollywood P$$$ Star n’avait que quelques marches à gravir pour fouler la scène de l’HF 6. Soulignons quand même l’efficacité et la disponibilité de la formation liégeoise. Alors que le groupe prépare son cinquième album, l’excellent quatuor belge nous livre une prestation sans complexes. Pas de vacances pour HPS ! Les locaux nous offrent un set puissant et électrique. Electricité qui vibre encore sur le personnel de sécurité monté sur scène pour transformer le quatuor en quintette. Performance qui nous donne envie de découvrir le cinquième opus au plus vite. 

Les groupes liégeois et le collectif Jaune Orange sont décidément à l’honneur ce samedi. The Experimental Tropic Blues Band  illustre de nouveau l’étendue musicale qui réside au sein de la scène de la Cité Ardente. Les volcaniques Dirty Wolf, Boogie Snake et Devil Inferno  nous plongent dans l’enfer sulfureux de leur très particulier boogie/blues/punk-rock ! Guitares en avant et batterie omniprésente, le trio incendie véritablement la foule. Difficile de rester passif face à une prestation aussi explosive. Au fil du temps, The Experimental Tropic Blues Band se forge, à coup de riffs tranchants, une place incontournable dans la scène rock belge.

Pas de répit pour les tympans : les incendiaires Peaches déboulent sur la plaine ! Festivalier convaincu ou non, les pyromanes canadiens vous embrasent de leurs délires électro punk/rock. Au plus grand plaisir des festivaliers, Merril Beth Nisker, ‘reine trash de l’électro-clash’, ne compte pas perdre sa couronne. Sexe et provocation sont omniprésents. Showgirl impulsive, Nisker plonge soudainement sur la foule et se lance dans un interminable stage diving qui la mènera des planches à la régie. Elle marche radicalement sur la foule. C’est alors que la guitariste prend place au centre de la scène. Equipée d’un bustier, de porte-jarretelles et de cuissardes noires, la belle blonde longiligne nous offre des solos guitares électriques. Pas de temps de pause chez les pompiers pyromanes de Toronto. Certainement l’un des plus excentriques et décalés concerts des Ardentes 2009.

La nuit tombe sur un Parc Astrid qui descend progressivement en décibels. Les festivaliers encore subjugués par la performance de Peaches attendent sereinement la venue de Tricky.  Le soundcheck annonce lentement la venue d’Adrian Thaws. L’ancien membre du collectif Wid Bunch et de Massive Attack fait partie des valeurs sûres de la première génération trip hop. Malheureusement, l’attente débouche sur une déception ; et la prestation ne va exclusivement plaire qu’aux oreilles fatiguées. Thaws se conforte dans le coton et nous offre une setlist qu’il ressasse depuis 2 ans, sans enthousiasme. Trop introspective, cette valse de 2 ans s’enlise dans le confort feutré du déjà entendu mais souffre terriblement de cet autisme et ne rencontre que peu d’échos. Le public en mal de sensations fortes tombe rapidement dans l’ennui. Un Tricky trop linéaire qui a tout intérêt à se renouveler d’urgence, sous peine d’extinction…

Désertant progressivement l’HF 6, la foule prend lentement la direction du gazon. NTM ou demi-NTM, les lascars de la Seine-Saint-Denis restent, malgré les années et les générations, un événement rap incontournable. Absent pour sculpture sur voiture, Joey Starr laisse le soin à Kool Shen et ses invités (Salif et Lord Kossity) d’assurer le spectacle. Bruno Lopes use intelligemment  de son expérience et de son professionnalisme pour offrir un service minimum à des fans conquis depuis longtemps. Mettre le feu sur la plaine était dès lors un jeu facile. Resservir un petit « Pass Pass Le Oinj » ou « Ma Benz » devenait un exercice aisé. Bref, peu importe la substance musicale, le résultat prime. Par contre, il me semblait parfaitement inutile de ‘victimiser’ notre ‘ami’ Didier Morville. Au lieu de faire de la démagogie de comptoir, Kool Shen aurait dû se contenter de nous servir quelque mauvaise reprise de Suprême NTM. Lorsqu’il harangue les spectateurs, prenant voix pour Joey Starr, lors d’un merveilleux : ‘Les gens comme nous (entendez ‘les stars du showbizz’) sont en justice défavorisés !!!’, j’explose… de rire ou d’indignation.

Tom Barman aux commandes de Magnus clôture la soirée open air dans un joyeux bordel ! Quand le leader de dEUS s’amuse, il ne le fait jamais seul. Le monstre anversois livre un set électro fidjet maladroit mais essentiellement généreux qui invite le public à envahir la scène,  transformant ainsi la totalité de la plaine en une prodigieuse free party…

Merveilleuse invitation à poursuivre les festivités en indoor.

(voir aussi notre section photos) 

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2009-07-09
  • Festival Name: Ardentes
  • Festival Place: Parc Astrid
  • Festival City: Liège
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