L’artiste bretonne a confié ce qui suit :
‘Le 17 mars 2012, je jouais au Bataclan, avec America. J'ai arpenté la salle, les balcons et la vue qu'on en avait, les loges, le point merch, le bar. Je voulais m'imprégner des lieux comme pour m'en souvenir, inlassablement.
Le récit des survivants m'a replongée dans chaque recoin de la salle et le piège qui s'est refermé sur eux est effroyable. Le sommeil me manque, chaque phrase prononcée est ponctuée par des échanges de regards qui trahissent une tristesse insoutenable. Je... ne sais pas quoi faire, ni quoi dire, si ce n'est endurer cette lourdeur au fond du ventre qui s'est installée. Je n'ai pas plus, ni moins de légitimité que qui d'autre, mais j'en appelle juste à la force d'amour qui doit nous fédérer. Nous nous sentons impuissants en bas lieux, mais il nous reste ça, l'amour. Ne cédez pas à la haine, car elle mènera inéluctablement à l'instauration de la haine entre nous et à une victoire de la barbarie.’

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