Simpliste et simplet
Révélé par la comédie musicale (?) « Le Roi Soleil », Christophe Maé compte déjà trois albums à son actif, en moins de quatre ans. Après avoir publié « Mon paradis » en 2007 et « Comme à la maison », l’année suivante, il nous propose aujourd’hui « On trace la route ». Essaierait-il de rattraper le temps perdu lors de projets foireux du style « Mozart », « Notre-Dame de Paris », « Roméo et Juliette » et compagnie ? On serait bien tenté de le croire…
Comme pour ses deux premières réalisations, Christophe Maé a de nouveau fait appel à l’équipe : Volodia aux manettes, coréalisateur et ingénieur du son ainsi que le fidèle Bruno Dandrimont, guitariste/compositeur et ami de longue date. Pour l’écriture des textes, outre l’incontournable Lionel Florence, Boris Bergman, qui a signé pour Bashung notamment, et Diam’s, offrent eux aussi leur contribution.
Pour concocter ce troisième opus, Christophe Maé, de son vrai nom Christophe Martichon (ben oui ça ne s’invente pas) a voulu tester l’exotisme. Il s’est donc rendu à Dakar et Saint Louis pour se tremper quelque peu dans l’ambiance africaine ; mais également pour tenter de communiquer à ses chansons une connotation afro/soul. Le résultat obtenu n’est qu’une pâle copie de ce que Yannick Noah réalise depuis quelques années, dans l’univers de l’afro-zouk-reggae.
Simpliste, sa musique ne repose que sur quelques accords de guitare et des rythmes identiques et sans saveur. Les textes sont, quant à eux, en dessous du niveau de la mer. Ils ne tiennent à rien (on y apprend qu'il aime sa femme, on est rassuré pour elle !) Pour couronner le tout, la voix (qui est inaudible) est en total désaccord avec l'ensemble.
En conclusion, cet album n'a aucune âme, et pour argumenter ce point de vue, tout en étant à la hauteur des textes : c'est mauvais. Mais Christophe Maé n’en a cure, il vendra. TF1, Europe1 et RTL matraquent déjà, sur leurs ondes, le single « Dingue, dingue dingue », afin que cette ‘œuvre’ devienne une des révélations de l’année.
Pour ajouter une touche finale encore plus personnelle, je dirais que les photos du livret ne représentent en rien la réalité de la vie sénégalaise. Notre pseudo-vedette a l’art de se draper dans des décors superbes. Pour avoir vécu l’aventure africaine de l’intérieur, je peux vous garantir que ces images cachent, en réalité, un univers misérable pour les autochtones. Et une manipulation (de plus), une !

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