Encore une fois, on va me regarder de travers après avoir lu la critique de cet album. Le deuxième de Foals. Qui est excellent, rassurez-vous. Simplement, parce que votre serviteur n’y a pas rencontré les mêmes courants référentiels (NDR : un grand mot, je l’avoue). Pas très contemporains, il faut le reconnaître, à contrario de tout ce que j’ai pu lire dans la presse spécialisée.
Pour enregistrer cet opus, le quintet s’est isolé en Suède. Du côté de Göteborg. Au beau milieu d’une zone industrielle. Et les musicos ont bossé comme des malades. En essayant de s’écarter au maximum du math rock de leurs débuts. Pour embrasser des influences très eighties. Celles de Talking Heads, tout d’abord. Que l’on retrouve en filigrane, tout au long de l’elpee. Et en particulier l’œuvre majeure « Remain in light ». Un disque qui a influencé les courants postpunk, world et new wave. Et le titre d’entrée « Blue blood » ainsi que l’hypnotique « After glow » en sont probablement les plus belles illustrations. Lorsque le tempo ralentit, et emprunte un profil funkysant, c’est plutôt à INXS (NDR : le contagieux « Miami »), à Spandau Ballet (NDR : époque « Chant no.1 ») et même à XTC (NDR : les percus menaçantes et ce remarquable travail sur les voix opéré tout au long d’« Alabaster »), que je pense. Quant à « 2 trees », il nous plonge au sein d’un climat atmosphérique, mélancolique, réalisant une fusion parfaite entre le feeling de Durutti Column (NDR : surtout pour la trame électro) et l’intensité électrique de Kitchens of Distinction. « Black Gold » lorgne même vers le reggae et le dub du Clash (NDR : et de « Sandinista! », of course !), tout en s’autorisant des digressions électriques à la Skids. Et en finale, « What remains » est même hanté par le spectre de Peter Gabriel. A cause de cette sensibilité world. De ces chœurs en boucle, aussi ; même si la dimension électronique évoque davantage Efterklang. L’occasion d’en revenir à des références plus contemporaines. Comme sur « Spanish Sahara », dont les montées euphorisantes, cette sensibilité romantique et cette tension progressive auraient pu naître d’une rencontre hypothétique entre Snow Patrol, Grandaddy et Sophia. Ou encore le single « This Orient ». Dont l’intro math rock puise aux sources du combo, alors que les envolées de six cordes empruntent manifestement à Bloc Party. Et pourtant, les élans de gratte sont moins fréquents. La voix de Yannis Philippakis moins agressive. Et les compos paradoxalement plus élaborées et plus fluides.
Bref, un chouette album, même s’il est le fruit d’un cocktail d’influences aussi riches qu’énigmatiques. Quoique… D’ailleurs, pas sûr que si les membres de Foals lisent cette chronique, ils vont être très heureux d’avoir ainsi vu leur musique décortiquée…

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