‘Nous sommes transportés dans une autre dimension, une dimension faite non seulement de paysages et de sons, mais surtout d’esprits. Un voyage dans une contrée sans fin dont les frontières sont notre imagination. Un voyage au bout des ténèbres, où il n’y a qu’une seule destination : La Quatrième Dimension’.
Cette phrase tirée du générique de la série culte des années soixante « The Twighlight Zone / La Quatrième Dimension » résume parfaitement l’état d’esprit dans lequel il est nécessaire de se plonger pour profiter pleinement de l’écoute du premier album des ‘space-rockers’ allemands de Black Space Rider. Inutile de rêver d’un périple confortable, l’arrière-train calé dans le siège rembourré du poste de pilotage de l’‘Enterprise’ ou du ‘Faucon Millenium’, les Black Space Riders, sont des bikers cosmiques, ils arpentent la voie lactée tous feux éteints, au son tonitruant du doom rock sidéral.
Intéressé par la ballade ? Rien n’est plus simple. Un petit coup de ‘kick’ sur la touche ‘play’ de votre lecteur et vous foncez à travers l’espace intersidéral au guidon d’une ‘Astral Davidson’. Le moteur ronronne à la vitesse de la lumière, boosté par les divagations soniques de quatre Riders : JE (chant/guitare), SLI (guitare/chant), SAQ (basse/chant) et CRIP (batterie/percussions/chant).
« Space Bomb » donne le ton. Le début de votre périple sera heavy et psychédélique. Un démarrage envoûtant qui n’est pas sans rappeler les débuts d’un certain Monster Magnet. Etape suivante : une ligne de basse monstrueuse introduit le riff doom, ondulant et hypnotique de « Black pt. II Space In Black ». Soudain, la vitesse s’accélère et « Stoned Bikers In Space », dans un style coincé quelque part entre Motörhead et Black Sabbath, vous fait du bien où ça fait mal. L’ivresse de l’espace vous gagne et le tempo hypnotique de « Hide From The Spacelight » vous invite à planer comme sur un titre des Doors. « Black Book Of Cosmic Salvation Part 2: I, Black Space Messiah », évoque le désert rock de Kyuss. La froideur noire de l’espace interstellaire est aussi intense que l’aridité des immensités désertiques d’Arizona. Mais l’espace est aussi un lieu où règnent la violence et la haine. La basse attaque, sale et hargneuse (NDR : Darth Lemmy aurait-il un fils caché au sein des Black Space Riders ?) C’est « Voodoo Spaceship », un titre rageur qui ferait même pogoter Jabba Le Hut ! La fin de votre odyssée est proche. Tout au long de votre périple vous avez senti la présence d’Hawkwind, le célèbre pirate de l’espace. Sa patte cosmique vous fait encore vibrer sur « Ride On, Black Space Rider » et « Lonely Space Trucking Man ». Il est temps de revenir sur terre. « Space Trilogy Part 1, 2 et 3 », dernier hommage au heavy rock spatial de Blue Öyster Cult ferme sur vous la porte des étoiles.
Le disque est terminé. Votre voyage aussi. Il a duré une heure. L’une des plus belles heures de votre vie.

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