En Amérique, on imagine généralement les choses en grand. La preuve : pour fêter son trentième anniversaire, Bad Religion s’offre carrément un nouveau public.
Trahison ! Infamie ! L’un des parrains de la scène punk rock californienne publie un album Pop Rock ! La chose est manifestement difficilement admissible pour les fans assidus (NDR : dont je ne fais pas partie) ; pourtant il faut bien se rendre à l’évidence. « The Dissent Of Man », la quinzième galette de Bad Religion est un disque rock à fort potentiel commercial.
Alors oui, vu sa production ‘haut de gamme’, signée par Joe Barresi (Queens Of The Stone Age, Tool, Apocalyptica, Coheed and Cambria), ses mélodies accrocheuses et ses harmonies vocales sophistiquées, « The Dissent Of Man » tient plus d’un R.E.M. musclé que d’un Dead Kennedys mélodique. Mais il faut cependant remettre l’église au milieu du village. Bien que politiquement engagé et hautement critique envers la société américaine, Bad Religion n’a jamais été, d’un point de vue musical, le plus violent des groupes punk. Et, si aujourd’hui il s’accorde quelques hits potentiels (« Won’t Somebody », « The Devil In Stitches », « Cyanide »), il ne fait, après tout, que faire évoluer sa musique à un niveau supérieur. Tant pis pour les keupons outrés ! « The Dissent Of Man » est un bon album, truffé d’excellentes chansons. Point barre !

Nederlands
Français 
