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Les Copeland est issu du Canada. De Colombie Britannique, très exactement. Il est âgé de 45 balais. Dans le domaine des cordes, c’est un véritable expert. Il a d’ailleurs assimilé des tas de styles, depuis le Mississippi Delta blues au jazz, en passant par le celtic folk et le finger picking Piemont. Il excelle aussi bien sur la gratte acoustique qu’électrique. Il a composé 14 des 15 plages de son premier opus.

L’intro de "That needing time" est très rythmique, percussif dans l'attaque des cordes acoustiques. Il me rappelle Bert Jansch, un musicien britannique. Sa voix est grave et assurée. Grâce au re-recording, il inocule discrètement quelques doses de slide électrique. La production est bien équilibrée. Instrumental, "Ry cooder" rend évidemment hommage au célèbre guitariste américain, féru de musique world et traditionnelle américaine. Le son de la slide est à la fois métallique et d’une grande pureté. La voix de Copeland impressionne tant elle se révèle naturellement autoritaire. Et "What's your name", un duo qu’il partage en compagnie de Michael Frank, le boss du label Earwig, préposé pour la circonstance à l’harmo, en est une belle illustration. Les est un gratteur prodigieux. Son jeu paraît simple, mais en réalité il est d'une savante complexité. En outre, il parvient à produire ses effets au moment le plus opportun. Il interprète "Distant train" en picking, un blues de bonne facture, dans l’esprit des meilleurs artistes du style! Le thème du chemin de fer hante également "Riding the sky train". Il glisse subtilement son bottleneck sur son manche, arrachant parfois des sonorités orientales. Douce ballade folk, "Silently" est parcourue par le souffle délicat de son harmonica. Une seule reprise : "Anna Lee" de Robert Nighthawk. Un Chicago blues remarquable, empreint de sensibilité et d’émotion, au cours duquel Les est rejoint par un second six-cordiste, le vétéran David ‘Honeyboy’ Edwards (NDR : Copeland a tourné pendant 14 années au sein du backing band du légendaire bluesman), dont le jeu est plus fragile, hésitant même, mais tellement authentique. David est toujours au poste pour le sombre "How's that drummer", dont l’histoire raconte l'épisode au cours duquel le drummer s’est taillé avec la compagne de Les! Les aime aussi beaucoup le jazz. Surtout mélodique. Et son phrasé, proche de Charlie Christian, est impeccable tout au long de l'instrumental "Ginseng girl". "Wet paper bag" évolue dans le même style, mais manouche. Ce qui lui permet de s’évader sur ses cordes acoustiques. Chargé d’émotion, très dépouillé, "Everyday people" constitue le dernier blues de l’elpee. Michael Frank souffle ultimement dans sa musique à bouche lors du titre maître, une plage qu’il chante à la manière d’un protest singer. Empreinte d’une grande délicatesse, la finale est instrumentale. A vous couper le souffle ! Une compo très belle, bouleversante, intitulée "Crying for an angel". Elle reflète les sentiments éprouvés par l'artiste, comme illuminé par cette douceur angélique. Dans le style, cet opus est de très bonne facture. En outre, les textes, qui ne figurent malheureusement pas au sein du booklet sont remarquables…

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Les Copeland
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Earwig / Parsifal
  • Date: 2010-05-18
  • Rating: 4
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