Eric Bibb est un chanteur/guitariste/compositeur, dont la démarche est fort proche du grand Taj Mahal. Il est né à New York. En 1951. Au cœur d'un milieu très musical. Au cours des six dernières années, il a commis cinq albums, dont le premier, "Spirit and the blues", est paru sur le label suédois Opus 3. Un disque très spontané, inspiré par Taj Mahal (NDR : of course !), Ry Cooder et Leadbelly. Il enregistre ensuite "Good stuff" en 1997. Bibb signe alors chez Code Blue, le label anglais d'Alan Robinson. Il aligne alors plusieurs elpees pour Manhaton : "Home to me" en 99, le live "Roadworks" en 2000, et "Painting signs" en 2001. Sans oublier "Just like love", édité chez Opus 3.
Paru cette année, " Natural light " constitue donc son dernier long playing. Une palette subtilement funky ouvre "Too much stuff". La voix d'Eric est douce et agréable. Hantée par la guitare très présente, traversée par quelques cuivres discrets, et taillée au couteau par l'ex Howlin' Wolf, monsieur Hubert Sumlin, la solution sonore est dynamisée par une bonne section rythmique, constituée de Martin Ditcham aux drums et de Dave Bronze. Ce dernier produit, par ailleurs cet elpee. Ce bassiste a débuté sa carrière, voici 20 ans, dans le groupe de Robin Trower. Il a participé à l'aventure Dr Feelgood en 1991, jusqu'à la mort de Lee Brillaux (NDR : le 7 avril 1994), sévi chez Procol Harum et puis, bien entendu, relevé du backing band d'Eric Clapton. La voix est plus douce que jamais sur le swing léger "Home lovin' man". Le piano de Jane Peterson communique un timbre particulier à cette composition. Le Clapton moderne aime aussi paresser au sein de cet univers relaxant. Eric Bibb parvient à bien faire passer son message de tendresse infinie. Faut dire que le timbre de sa voix transporte tant de mélancolie… Lassant transparaître les accords discrets de la guitare de Robbie McIntosh, "So sorry" est une ballade terriblement mélodieuse. Retour aux racines, celles du Sud des Etats-Unis pour aborder "Tell Riley", une composition très roots. Eric empoigne sa guitare à 12 cordes, McIntosh (NDR : assis tout près de lui), sa National steel aux accents si métalliques, pendant que Peterson disserte sur son accordéon. Eric reste au cœur du Sud pour entamer le très poignant "Guru man blues", une plage particulièrement folk blues, conduite par les guitares acoustiques, et enrichie par la slide de Robbie, qu'il joue en picking. Eric chante "Every time it rains" de Randy Newman le cœur plein de tristesse, les larmes au bord des yeux. D'une voix soudainement plus proche, seul avec sa guitare, il interprète "Champagne habits". Une tranche de musique folk bien dépouillée ! Les percussions de Ditcham sont bien mises en avant pour annoncer "Water works fine". Au cours de cette excellente composition bien rythmée, la slide de McIntosh épouse la voix grave de Bibb."Circles" marque le retour à la mélancolie. Un fragment bouleversant que Miss Peterson accompagne au piano. Le rythme s'installe. La joie de vivre s'affiche. Bibb chante "Right on time". Il semble plongé au sein d'un chœur gospel, inspiré par John Cephas. La voix d'Hubert Sumlin se manifeste dans le studio. Eric entame le superbe "Gratefully blue", un titre particulièrement lent. Sa voix est proche de celle d'un Ray Charles. Kjell Segebrant est à la guitare électrique. Il dispense un solo tout en sensibilité. "Lucky man rag" campe un folk blues contaminé par le ragtime. Pour conclure, Eric reprend avec beaucoup de bonheur "Higher and higher" de Jackie Wilson, un fragment souligné par un chœur féminin, l'accordéon et les guitares acoustiques. Toujours aussi roots, Mr Bibb vient de signer un excellent album.

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