Dans le domaine de la musique contemporaine, lorsqu'un style musical recommence son cycle, on voit régulièrement réapparaître des compiles consacrées aux pionniers. Mais parfois, certains de ces pionniers, en profitent pour refaire surface (NDR : pas toujours de manière très convaincante, il faut l'avouer). Dans le domaine de la musique électronique, c'est plutôt rare. Surtout lorsque ce retour implique une reformation. Il y a bien Suicide et Cabaret Voltaire. Mais je n'en connais guère d'autres. Car il y a aussi ceux dont on entend pratiquement plus parler, mais qui ne se sont jamais vraiment séparés et vivotent aujourd'hui dans la zone crépusculaire de l'underground : Front 242 en est le plus bel exemple. Et puis, il y a les maîtres Kraftwerk, qui se rappellent à notre bon souvenir, une ou deux fois par décennie. Séparé en 1983, puis réuni le temps de l'enregistrement d'un elpee en 1986, DAF avait complètement disparu de la circulation. Faut dire que les projets en solo de Gabi Delgado Lopez et de Robert Görl étaient loin d'être concluants. J'ai donc été très surpris d'apprendre la réunion du duo. Considéré à la fin des seventies et au début des eighties, comme un des groupes les plus novateurs de son époque, DAF utilisait le langage rudimentaire du disco synthétique réduit à des rythmes robotiques et agressifs, en plaquant sur cette solution sonore une voix mi-chantée mi-parlée dans la langue de Goethe. Violente, malsaine, martiale, glaciale et sensuelle, leur musique va accoucher de hits improbables tels que " Tanz Der Mussolini " et " Alles ist Gust ". Que nous proposent-ils donc vingt ans plus tard ? Rien de neuf. Si vous avez aimé leur électro spasmodique et hypnotique, il n'y a pas de raison pour que ne pas aimer ce " Fünfzehn Neue Daf Lieder ". Mais fallait-il vraiment se réunir pour refaire la même chose ?

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