Déguisé en Robin des Bois au sein des Moldy Peaches, Adam Green pouvait passer pour un illuminé. Ses chansons lo-fi faites de bric acoustique et de broc humoristique avaient le mérite de nous faire rire, même si c'était mal chanté et mal joué. Accompagné de sa partenaire Kimya Dawson, elle aussi un drôle d'oiseau, Green devint rapidement le chantre grand-guignol d'un nouveau genre à la mode, l'antifolk. Du folk simplet mais pas bébête, plein de jeux de mots infantiles et d'histoires débiles. Puis les deux compères se lancèrent dans une carrière solo, sans tambours ni trompettes. Et bas les masques : sur son premier disque en solitaire, Adam Green abandonnait presque ses idioties d'éternel ado et son costume vert pomme pour des ballades douce-amères, révélant un talent hors pair pour graver de jolies chansons, moins casse-gueule que prévues. Certains le comparèrent déjà à un Lou Reed dans son plus simple appareil (la tenue d'Adam ?). D'autres y virent un Jonathan Richman post-pubère. Sur ce deuxième album, le New-Yorkais persiste et signe : ce " Friends of Mine " propose son lot de belles chansons, aux mélodies évidentes et aux paroles toujours surprenantes (il y parle d'amour, de mort et de femmes-tronc). Ce qui change, ce sont les arrangements employés par le songwriter : beaucoup de violons, trop sans doute, utilisés à tort et à travers comme instruments d'enjolivure. S'il ne s'agit plus à proprement parler d'antifolk, Adam Green reste un chanteur-musicien plutôt modeste, mais aux idées larges. Avec trois fois rien (si ce n'est ces cordes envahissantes), notre homme n'a pas son pareil pour trouver la juste mélodie, facile à retenir et agréable à siffloter (" Bluebirds ", " Jessica ", " Bunnyranch "). Qu'on l'appelle le " Lou Reed du pauvre " n'a finalement guère d'importance : ses hymnes pop miniatures ont tout pour séduire l'amoureux transi qui sommeille en chacun de nous.
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