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Cottonmouth revelator

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John William Harrelson est docteur (Ph-D) es histoire de la musique à la faculté universitaire de Claremont, dans la banlieue de Los Angeles. Il y enseigne celle de la musique populaire américaine, comme le rock'n'roll, le blues et le jazz. C’est également un multi-instrumentiste capable de jouer de la guitare, des claviers, de l'harmonica mais également du saxophone, du violon, de la mandoline, du dobro, du vibraphone, de la basse, et un tas de percussions. Et en studio, il se sent comme un poisson dans l’eau. C’est d’ailleurs un producteur très sollicité, susceptible d’opérer dans des tas de styles bien différents : punk, rock, folk, blues et j’en passe. Il joue également en ‘live’, et ce depuis la fin des sixties. Victime d’une crise cardiaque en 1988, il a subi un quadruple pontage. Malgré son emploi du temps surchargé, il est quand même parvenu à enregistrer, au cours de sa carrière, quelques œuvres, sous son nom. Dont un 33 tours en 1977 ("The player"), un autre en 1983 ("Now is the time"), puis 3 cds flanqué du groupe Blue H'way, et dans un passé plus récent, les albums suivants : "Feral Angel" en 2005, "Streets of heart and lust" en 2006, "Mojave" en 2007, et même un disque country en 2008, "Doc H and the Rio Laudanum Cowboys".

"Cottonmouth revelator" constitue donc son dernier opus. Un disque au cours duquel, les lyrics du vieux John parlent d'amour, de sexe et de liberté ; de sa philosophie de vie, si vous préférez. S'il est bien issu du sud de la Californie, sa musique ne peut en aucun cas être taxée de jump voire de west coast style. Sa voix est rocailleuse, naturellement puissante, âpre, et transpire un énorme vécu.

John ouvre la plaque par "I want your ass", une de ses compos qui remonte à la fin des sixties. L’image d’une croupe féminine sous petite culotte en nylon, reproduite sur la pochette, illustre bien le titre de cette chanson. Ancien collaborateur de Candye Kane, Jeff Ross est un guitariste notoire. Le Californien apporte ici son concours. Une entrée en matière impressionnante ! D’ailleurs, dès que les deux gratteurs se rencontrent, le résultat est royal. La voix d’Harrelson est ravagée par le temps, mais aussi les mauvaises expériences ; elle se révèle même parfois menaçante. "Fire and gasoline" est un blues lent tramé en crescendo. John souffle pudiquement dans son harmonica ; mais quand il chante je vous prie de croire que ça ne rigole pas. Pas commode le docteur. John s'assied derrière l'orgue pour "Redeeming angel", une compo aux accents exotiques, au cours de laquelle le drummer injecte ses rythmes syncopés pendant que des chœurs féminins baignent le tout dans l’allégresse. Harrelson signe onze plages sur cet elpee, mais il nous réserve également trois covers. Et quelles reprises! Tout d’abord le "Crossroads" de Robert Johnson. Les deux guitares balisent le décor, sis quelque part entre le Mississippi et la rivière Yazoo. Le son est sale. Les altercations entre les cordes de John et la slide de Ross qui éclatent au cœur du Delta sont impressionnantes. Et on ne sort pas indemne de cette rivalité. Puis une longue et intense version du "Long distance call" de Muddy Waters. Sur le fil du rasoir, la slide est effrayante. La voix semble sortir d'outre-tombe. Ce morceau me rappelle le McKenna Mendelson Mainline, un groupe canadien de la fin des sixties. Il avait gravé un 33 tours très semblable. Intitulé "Stink", ce long playing était habillé d’une pochette toute noire. Et c’est vrai que cette musique répand une odeur nauséabonde. Le même traitement est infligé au "Worried life blues" de Big Maceo Merriweather. La complicité établie entre John et Jeff est toujours aussi effarante. Loquace, Harelson nous raconte sur "Bar-b-que", sa préparation peu banale d'un BBQ. Mais perso, le meilleur titre de l’opus est incontestablement "Sugar". Très atmosphérique, son originalité procède des interventions successives et savamment dosées de l’orgue, puis du saxophone baryton de Kid Cadillac. Et puis, il y a la voix envoûtante, profonde du Doc, aussi troublante que celle de Howlin' Wolf, au sommet de son art. Imprimé sur un tempo écrasant, "Whose little sister?" est fouetté par des guitares largement amplifiées. Si "I want to teach you french" campe une chanson ludique, "Talk dirty to me" est sculpté dans du rock'n'roll coloré de sax ténor. Autre fable récréative, "Love among the lovers" évoque les cris d'amour échangés entre le King Bee et la Queen Bee, le loup et le renard… mais la slide est toujours à l’affût! Un album vraiment original épinglant quelques titres tout à fait remarquables…

Informations supplémentaires

  • Band Name: John Harrelson
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Rubicon
  • Date: 2010-02-16
  • Rating: 4
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