Comme l’annonce le titre de son album, « Strange Tourist », l’univers de Gareth Liddiard est en effet bien étrange ; mais pas question d’éventuelle ambiance estivale à l’écoute de son œuvre, tant elle nécessite une certaine dose d’implication de la part de l’auditeur pour y pénétrer. L’Australien, leader du très bon groupe de rock The Drones, élabore en effet de longues divagations folk (entre 7 et 10 minutes en moyenne) portées par des textes ravageurs d’une grande beauté. Le poète aborde des sujets graves comme le terrorisme (sur les 16 minutes de « The Radicalistion of D ») avec beaucoup d’engagement et de sincérité. L’auditeur ressent son interprétation vibrante grâce à sa voix tremblante et nasillarde et à travers son jeu de guitare acoustique, nerveux et inspiré. Un lyrisme intense se dégage de ses brûlots folks intimistes, arides mais grandioses. Sur « Blondin’ Makes An Omelette », Gilliard raconte, par exemple, l’histoire du funambulisme Charles Blondin, qui a traversé les chutes du Niagara au XIXème siècle sur un fil de fer. Un épisode vécu par son apprenti (‘Man, no one / Cared for him at all / Until he crossed Niagara Falls / So you'd all feel / A little lower down the scale’). L’auditeur ne sort pas indemne de son voyage dans les méandres d’une musique honnête mais maladivement contagieuse.
Un nouveau trésor découvert au sein des bushes australiens.

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