Parée de ses plus beaux atours atmosphériques, la musique enchanteresse de Parsley Sound enivre les sens comme un filtre d'amour. Rien de bien sensationnel, de prime abord : du folk sixties et de l'électronica champêtre, couchés sur un lit de fleurs multicolores sentant bon le patchouli. Psychédélique peut-être, dans cette manière d'embarquer l'auditeur dans un trip intemporel, loin des contingences matérialistes de ce bas monde. Danny Sargassa et Preston Mead pourraient très bien reprendre à leur compte l'héritage fumeux de Syd Barrett, Montage et Stone Roses (la voix), et régner en maîtres orfèvres pop aux côtés de Mercury Rev, Lemon Jelly, Belle and Sebastian et Air… Mais c'est sans compter sur leur désir d'être uniques, à leur façon. Parce que leur musique a beau être référencée (tout ce qui chante et sonne cotonneux), elle n'en est pas moins singulière. D'une luxuriance béate quand elle convoque tous les instruments les plus affables (cuivres, theremin, clavecin, flûte, violons), la musique élégiaque de Parsley Sound sait aussi se faire murmures, jusqu'à provoquer cet état de transe illuminée qui donne des frissons. On pourrait en parler pendant des heures, mais il suffit d'écouter ces arrangements d'une légèreté stupéfiante : arrivés au septième ciel, il ne nous reste plus qu'à regarder en bas et roucouler d'aise, les mains derrière la tête comme signe de plénitude.

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