Cet album a été enregistré en 84. A Lubbock, au Texas. Il manifeste un éclectisme qui flatte instantanément l'oreille. Big Joe Maher chante "Lots of flame", une plage très swing, empreinte d'une sensibilité jazzy. Cet éminent spécialiste du style l'interprète… sans ses baguettes. Tous les instruments sont bien en place ; et en particulier le piano de Kevin McKendree, les solos de saxes accordés par Don Wise et ceux de flugelhorn dispensés par Terry Townson. Particulièrement dansant, "Deeper shade of blue" maintient le tempo. Tout au long de cette plage Teresa James chante d'une voix suave qui épouse bien la musique. Les vertus du rerecording permettent aux saxes de Don d'être omniprésents. Le jazz et le swing ne sont jamais loin du cœur de la musique. A l'instar de "Lonely island", chanté par le bassiste George Hawkins Jr. Les musiciens sont excellents. Et pour cause, au cours des dernières années, Hawkins et le guitariste Todd Sharp ont joué en compagnie de Delbert McClinton ; mais aussi apporté leur collaboration au Mick Fleetwood's Zoo, à Lindsay Buckingham ainsi qu'à Christine McVie de Fleetwood Mac. Teresa James revient chanter le très dépouillé "Louisiana moon". Nous sommes plongés dans les marais louisianais. L'environnement musical est très sobre. Il permet d'apprécier distinctement chaque instrument ; et en particulier la basse et les synthés de Terry Wilson ainsi que le sax du maître. La musique demeure très cool. Elle avance au pas sur la suite "Shoppin' for clothes". Un fragment que Don chante ; ou plus exactement récite, en s'appuyant sur Butter Phil Ayte, préposé au(x) chœur(s). La sonorité de la guitare qui introduit "He had the shoes" n'appartient pas à albert King, mais à Steve Williams. Elle tapisse l'ambiance rythmée et syncopée. "The new is me and you" s'ébroue par un riff de guitare signé Todd Sharp. Toujours cool, funky, la trame permet au sax de décoller ! Chanté avec talent par Gary Bunton, face aux solides chœurs masculins R&B, "You come first at last" se révèle dansant et accrocheur. L'orgue de Nick Connolly est solidement planté dans le décor. "Ride" adopte le même régime, nonobstant le passage de Steve Bassett au chant. Son superbe timbre mérite l'appellation 'blue eyed soul'! La plage titulaire conclut l'album. Un superbe instrumental qui me rappelle, à plus d'un titre, le fameux "Honky Tonk" de Bill Dogett. Une plage au cours de laquelle le sax atteint les sommets et le piano très boogie de Kevin McKendree fait merveille. Et pour ne pas rester sur sa faim, cet instrumental revient encore à deux reprises. Dans le même style. Sous la forme de bonus tracks. Excellent!

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