Willy Lambregt n'est autre que l'ancien guitariste des Scabs. Et de Vaya Con Dios aussi. Une formation qu'il avait montée en 1986 avec Dani Klein et Dirk Schoufs. Il vient de créer sa propre formation qui répond au nom de Willy Willy & The Voodoo Band. Martijn De Wagter aux drums et l'excellent René Stock (ex-Electric Kings et ex Last Call) à la basse constituent la section rythmique. Si Willy a un petit faible pour le rock'n'roll et le rockabilly, il privilégie le blues sur ce premier album. D'excellente facture, il faut le souligner. Signé Bobby Bland, "Mr Hot shot" met la machine en route. La basse de René impressionne par sa puissance. Les cuivres font une timide apparition. Mais la voix bien présente rappelle le bon temps des Carl Perkins et de Gene Vincent. L'adaptation du "Let's have a party" de Jessie Mae Robinson élève les débats sonores d'un cran. Indestructible, la rythmique d'acier imprime un tempo hallucinant. Le piano frénétique de Filip Ketels (NDR : du Joey's Boogie Band) libère une guitare insatiable. Il faut reconnaître que dans ce style, le Voodoo Band est vraiment à son affaire. Et il en fait une nouvelle démonstration tout au long de "Shake rattle & Roll" (NDR : une compo issue du répertoire de Joe Turner) ; ainsi que de "Miss Lucy" et de "Sincity". Classique R&B, le "Walking the dog de Rufus Thomas a bénéficié d'un arrangement sur mesure. "Why don't you love me" ouvre une parenthèse country. Patrick Riguelle ne figure pas dans la liste officielle des invités. Mais je suis convaincu qu'il y joue de la lap steel. Une chose est sûre, Beverly Joe Scott y partage bien les vocaux avec Willy. L'atmosphère devient lourde, oppressante. Elle semble émaner des swamps. Les silhouettes des alligators semblent se dessiner sur "Voodoo woman blues". Les cordes résonnent devant la chambre d'écho. Le son évolue dans un univers assez trash. L'harmonica hurle de douleur face à l'attaque lancinante de cette guitare. Le "Daddy Rolling Stone" d'Otis Blackwell reconduit cette rencontre entre le blues et le rock'n'roll. Le piano et l'harmonica se fondent bien dans l'ensemble. Pour sa reprise du "300 lbs of joy" de Willie Dixon, le Voodoo Band vire au R&B. Les cuivres y soulignent le rythme exotique des percussions. Le fameux "Shaking all over" est au programme. Ce n'est pas étonnant. Mais ici, on croirait entendre le fantôme de Johnny Kidd flanqué de ses Pirates. "Shot of R&B" s'ébroue sur un tempo modéré. La voix fausset de Willy se conjugue avec celle de son ancienne partenaire, Dani Klein. Blues lent, "Last call for alcohol" est une composition maison. Elle démontre que le cœur de rocker peut succomber à ce blues qu'on apprécie tant. Willy Willy est très conscient que le rock'n'roll ne peut renier ses origines. Muddy Waters, le dieu de Chicago l'avait compris bien avant lui. "The blues had a baby" est issu de sa plume. Et Willy l'a tout naturellement assimilé. Excellent et surprenant, cet opus est ponctué par "Sincity", un rock'n'roll d'enfer qui s'achève sur les chapeaux de roues. La Belgique vient d'hériter d'un nouveau grand groupe qui se démarque par son approche rock'n'roll et son côté percutant. Et à mon humble avis, sur les planches, le groupe doit déménager…
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