Bien que né en 1986 et disparu en 1993, Concrete Blonde a toujours été associé au mouvement " Paisley Underground ", institué quatre années plus tôt par le Dream Syndicate de Steve Wynn. Un " Paisley underground " inspiré à la fois par le psyché/garage de la west coast de la fin des sixties et du début des seventies (NDR : pensez à Jefferson Airplane et à Quicksilver Messenger Service), le gothisme et la culture mexicaine. Paru en 1994, leur précédent opus s'intitulait même " Mexican Moon ". L'an dernier, le trio a donc décidé de se reformer. Sous son line up initial. C'est à dire le guitariste Jim Mankey, le drummer Harry Rushakoff et la chanteuse/bassiste Johnette Napolitano. Le temps de tourner quelque mois, et la formation est entrée en studio pour enregistrer ce " Group therapy ". Sur lequel elle rend tout d'abord un hommage à Roxy Music. Il ne faut pas oublier que Paul Thompson, le batteur original, a également transité par Concrete Blonde. Et puis quelque part, en se réunissant, Roxy Music a donné l'envie au trio de se reformer. " Group therapy " n'est pas un album qui s'assimile facilement. D'ailleurs, plusieurs écoutes sont nécessaires avant de s'en imprégner. Mais lorsqu'on s'est laissé envahir par les mélodies douces-amères, elles ne vous lâchent plus l'esprit. Imprimées sur un mid tempo, elles permettent à Johnette d'épancher, de son timbre vocal savoureux, voluptueux, légèrement rocailleux, un lyrisme élégiaque, ténébreux, à travers des textes très personnels, à défaut d'être véritablement autobiographiques. Mais Concrete Blonde ne serait pas Concrete Blonde, s'il n'y avait ces flambées d'électricité blanche. Elle n'est pas omniprésente, mais lorsqu'elle se consume avec ferveur, elle vous remue littéralement les tripes. L'album se paie même une incursion dans le reggae blanc (" Tonight "), la new wave (" Violent "), le soul/jazz réminiscent de Sade (" Inside/outside ") et s'en réserve inévitablement une dans le folklore espagnol, lorsqu'elle chante " Your llorona ", dans la langue de Cervantès. Johnette échange même sa basse contre la six cordes de Jim, sur le très émouvant " Take me home ". Un bien bel album !
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