Big Daddy n'a pas encore atteint le demi-siècle. De couleur noire, ce musicien est originaire de la Caroline du Nord. C’est à l’église qu’il a appris à chanter, lors des offices dominicaux. Sa famille est pauvre. Lui aussi. Une situation qui le pousse à s’engager dans l'armée. Américaine, bien sûr. Il est envoyé en Allemagne où il y rencontre, sa future épouse. Une autochtone. Et c’est paradoxalement au pays de la choucroute qu’il découvre le blues! Tout particulièrement acoustique. Ce qui lui permet de mettre en évidence sa voix au timbre chaleureux, puissant, et aux accents soul indéniables. Egalement compositeur, il a publié plusieurs albums, en compagnie d’un groupe ou un duo. Et dans des styles très différents. Flanqué de Doc Fozz, il a gravé "Doin' it right", "Walk a mile with my shoes", "My day will come" et "Live". Les autres elpees ont été concoctés soit au sein des les Mississippi Grave Diggers ou de Real Deal, sous le nom de Wilson B. Thomas Ruf le remarque et le signe sur son label, pour lequel Big Daddy sort un premier long playing, en 2009, "Love is the key", un disque pour lequel il reçoit le concours d'Eric Bibb.
Ce dernier périple, il l’a baptisé "Thumb a ride". Et l’a accompli en imaginant ‘faire de l'auto-stop’, en compagnie de ses deux acolytes allemands, Jochen Bens et Michael van Merwyk, préposés aux cordes acoustiques. A eux trois, ils signent les treize chansons de cet elpee. Une œuvre intimiste, homogène, caractérisée par la pureté remarquable des cordes, cordes destinées à mettre en exergue la voix naturelle du Daddy.
Le disque s’ouvre par le titre maître. La voix est relayée par des cordes non amplifiées d'une guitare resonator et d'un dobro. "Baby don't like" élève le tempo. Enrichie de percussions, cette compo se signale par des répliques vocales entre deux partenaires. Ballade séduisante, "This is how I live" est découpée dans des cordes particulièrement limpides. D’une voix tendre, sensible, intimiste, Daddy s’épanche tout au long d’"Anny Mae". Un cri d’amour pour sa bien-aimée ! C’est cette conjugaison entre ses vocaux et les cordes qui crée la richesse des chansons. Des chansons qui libèrent une grande dose d’émotion. Et la triste complainte "It don't get no better" ainsi que "Who's dat knocking" en sont deux belles autres illustrations. Mais les mélodies peuvent également accrocher instantanément. A l’instar de "Cold is the wind" ou de "Drop down here", des plages bien rythmées, sans pour autant bouder le blues pur et conventionnel de "Way back yonder".

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