Ca démarre en trombe : " Sittin' Pretty " et sa horde de riffs seventies, plus proche des délires à trois accords d'Angus Young et des Flaming Groovies que des fanfaronnades glam/prog de Yes, Sweet et consorts. " Like A Motherfucker From Hell ", hurle Dolf sur le titre suivant, un tempo méchant placardé à du 100 à l'heure sur sa voix de jeune fou aux dents longues. Les Datsuns nous viennent de Nouvelle-Zélande, comme leurs collègues de D4, auteurs eux-mêmes d'un " Rocknroll Motherfucker " d'anthologie sur leur premier album, " 6Twenty ". Le ton, chez nos amis Kiwis, est donc à la franche déconnade, aux poses " air guitar ", aux jappements sexy sous la lune, au volant d'une grosse cylindrée filant à toute allure avec du bon vieux rock à fond sur l'auto-radio (de Deep Purple au Pixies). Sans doute que les Datsuns ne sont pas frères, comme les Ramones, au contraire d'AC/DC : pourtant, l'ombre du groupe australien plane avec insistance sur ce premier album (" Sittin' Pretty ", " What Would I Know "), comme quoi c'est dans les vielles casseroles qu'on fait les meilleures soupes. Parfois, le gang burné des Datsuns se la joue plus en douceur, lorgnant dès lors du côté d'un rock garage plus sautillant (" Harmonic Generator " et " In Love ", sortes de L7 avec plus de phéromones mâles, et " Lady ", plutôt JSBX). Retour vers le futur, donc… Encore une fois. Mais que restera-t-il de ces Kiwis pressés comme des citrons une fois l'orage rock'n'roll passé et que tout sera rentré dans l'ordre ? Pas grand chose, sans doute, mais comme disaient les Who (et les Datsuns doivent le savoir mieux que personne) : " I hope I die before I get old ".

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