On croyait fermement que Ferry et Eno s'étaient brouillés pour le restant de leurs jours. Surtout depuis que ce dernier avait décliné l'invitation de participer à la reformation de Roxy Music. Et puis aussi depuis que le magazine américain Rolling Stone avait jeté de l'eau sur le feu, en déformant ses propos. Il n'en est strictement rien. Pour preuve, Brian Eno est venu donner un coup de main au dandy britannique pour l'enregistrement de son nouvel opus. Son onzième en solo ! Sur deux titres, cependant. Il a ainsi assumé le backing vocal lors de l'hommage à Marylin Monroe, " " Goddess of love " et a co-écrit et co-interprété " I thought ". Un morceau étrange, imprimé sur un mid tempo ferroviaire, balayé par des synthés, un clavier poussiéreux et un harmonica. Si les compositions signées Dave Stewart (Eurythmics) me paraissent les plus faibles, dans l'ensemble cet opus ne manque pas d'allure. Deux fragments sont même abordés dans l'esprit du Roxy Music de " Virginia plain ". " Cruel " tout d'abord. Et la première cover de Dylan, " It's all over now, baby blue ". Bien plus intimiste, la deuxième du Zim, " Don't think twice, it's allright ", est partagée entre la voix de crooner de Ferry et un piano. " Frantic " laisse également une place à deux standards du blues. L'électrique " Goin' down " de Don Nixon et l'adaptation dépouillée du " Goodnight Irene " de Leadbelly. Luxuriant, presque psychédélique, " Hiroshima… " est inspiré du célèbre film de Resnais sorti en 1965, " Hiroshima mon amour " ; alors que le lyrique et spectral " San Simeon " baigne au sein d'un climat atmosphérique digne de Ryûichi Sakamoto. Moins convainquant et surtout moins original, le reste ressasse les romances qui peuplaient " Manifesto ". Bref un album qui, à défaut de faire preuve d'originalité - hormis le final partagé avec Eno - se révèle de bonne facture. Et pour être complet, sachez que Johnny Greenwood (Radiohead) et Chris Spedding ont également apporté leur concours à la confection de ce disque…

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