Sur son troisième opus, Young Galaxy offre une musique agréablement éloignée des sentiers battus par des dizaines voire des centaines d’artistes. Mais si elle est envoûtante et douce à l’oreille, elle maintient le public en simple spectateur de l’univers. Pas question ici d’y être transporté. Ce qui pose un léger voile mystérieux sur certaines des mélodies et, comme chacun le sait, l’inconnu attire. Mais lorsqu’on ne peut pas aller vérifier soi-même ce qui se cache dessous, on se sent légèrement frustré. « Shapeshifting » est un peu comme les vagues marines qui viennent s’échouer sur la plage. Elle y abandonne beaucoup de rejets ; mais pas toutes des plus agréables. Pourtant, certains guettent, impatients, ces ‘dépôts’ afin de compléter une collection quelconque par les petites merveilles délaissées par l’eau. Et même s’il ne s’agit que de trésors en morceaux dont il manque une partie. Alors, ils suivent ce lent mouvement et prennent conscience qu’il ne varie pratiquement pas. On finit par regretter que ces mouvances soient si douces. On envie, juste l’espace de quelques instants, une mer qui déploierait toute la force de ses instruments. Mais non, « Shapeshifting » ne s’anime pas davantage. Ce qui ne l’empêche pas d’être bourré de charmes. Presque même à pousser une minorité à s’y noyer, sans jamais ressortir la tête de l’eau.

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