Jimmy King a perdu son étiquette de ‘little’ qui lui collait aux basques depuis ses débuts. De son vrai nom Manuel Gales, il est le cadet d'une famille de musiciens réputés. Une famille issue de Memphis, dans le Tennesse. Manuel avait d'ailleurs gravé un album, en compagnie de ses frangins Eric et Eugene, en 96 : "Left hand brand". Un disque qui était sorti sous le patronyme des Gales Brothers, sur House of Blues.
Manuel est aujourd'hui âgé de 37 ans. Gaucher, il s'est tout naturellement inspiré de deux autres célèbres ‘left hand’, Albert King et Jimi Hendrix. Trois albums ont précédé ce "Live at Monterey" : "Little Jimmy King and the Memphis Soul Survivors" en 91, "Something inside of me" en 94, et "Soldier for the blues" en 97.
Son dernier opus est partagé entre enregistrements live accordés en juin 1999 au Monterey Bay Blues Festival (sept plages), et prises studio opérées en 1994, sous la houlette de Ron Levy (quatre titres). Passé l'intro de la partie live, l'instrumental "The ghetto" est marqué par une guitare très réverbérée ; un style inspiré à la fois par Albert King et Jimi Hendrix, surtout dans le travail sur le son. Jimmy chante ensuite "Somebody". Une composition écrite par son frère Eugene. Très largement amplifiées jusqu'à la saturation, les cordes rugissent, poussent bien dans les aigus. Et pour demeurer fidèle à Albert King, le son métallique est produit par sa guitare Gibson Flying V. La prise de son laisse un peu à désirer. L'homme possède une bonne voix, au ton naturellement soul. Il peut ainsi maîtriser son répertoire sans difficultés. A l'instar de "Don't burn down the bridge". Toujours proche du King Albert, sa guitare n'est pas toujours infaillible. L'intro de "Living in the danger zone" et celle du très long blues lent "Drowning on dry land" souffrent de suramplification ! Je préfère les plages studio, à la sonorité irréprochable, surtout lorsqu'elles sont renforcées par la présence des Memphis Horns ; c'est à dire Andrew Love au tenor sax et Wayne Jackson à la trompette et au trombone. "I wonder why" est percutant. Tous les instruments sont bien en place et la guitare décolle avec beaucoup d'aisance et de brio. "Everybody wants to go to heaven" est un blues lent écrit par Don Nix. La voix grave de King est majestueuse devant l'orgue Hammond d'Archie Turner. La guitare est cette fois parfaite, impériale. Jimmy s'en donne à cœur joie. Sans surprise, l'album s'achève par le "Floodin' in California", d'Albert King, avec force riffs cuivrés. Il serait grand temps que Jimmy pense à enregistrer de nouveaux titres. Son dernier opus studio remonte à 97, et ce live date déjà de 1999…

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