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Trente ans déjà que Little Charlie Baty et Rick Estrim font équipe ensemble. Et cela s'entend tout au long de ce voyage musical qui nous transporte de la Californie à Chicago en passant par le Texas. Ils y maîtrisent avec brio, swing, jump, blues et rockabilly. Si on ne tient pas compte de la collection "DeLuxe edition", les Nightcats ont déjà commis sept albums pour le label Alligator.

Le disque s'ouvre par "Real love". L'intro de Little Charlie Baty à la guitare est tapissée de courtes phrases aiguës, assassines. Rick Estrin pose sa voix nasillarde, avant d'expirer au creux de l'instrument chromatique. Atmosphère Nightcats garantie ! "Weekend off" aborde le West Coast swing. La guitare déborde de vitalité dans ce style jump. John Firmin et Rob Sudduth soufflent dans leur sax. Steve Lucky est assis derrière le piano. "Desperate man" épouse un jeu plus conventionnel. Frankie Randall à la basse et Joey Ventitelli aux percussions impriment le rythme. Les cordes suivent cette trame qui baigne dans les bayous. Rick est détendu à l'harmo. "Livin' good" revient au Chicago blues. Il sent bon le Westside. Le petit Charlie ne distille que les notes nécessaires, avant de nous accorder un de ces soli dont il a le secret. Un exercice de style qui monte délicatement en puissance pour ouvrir le champ à Estrin. La plage titulaire est un excellent shuffle, bien saignant. Du rythme pour les solistes en pleine verve ! Et c'est James Harman en personne qui répond aux vocaux de Rick. La machine parfaitement huilée se fond dans l'instrumental "Bluto's back". Mr Baty ouvre le jeu, bientôt relayé par un autre grand de la scène californienne : Rusty Zinn. Il signe une intervention époustouflante devant l'orgue de Steve Lucky. "I'll bet I never cross your mind" est un blues lent royal. Les Nightcats, le piano et les cuivres forment un environnement parfait pour permettre à Baty de mettre en exergue un solo très T-Bone. Et ce festin composé de superbes plages rythmées persiste jusqu'à la fin de l'opus. A l'instar d'"I know she used to be your woman", au cours duquel Estrin se sent inspiré par Sonny Boy Williamson, du swing "Money must think I'm dead" et de "Coastin' Hank", qui démontre tout le talent d'Estrin sur le chromatique. Une voix nouvelle apparaît sur "It better get better". En fait, il s'agit de celle de Rusty Zinn. Il chante cette composition exotique d'Estrin, d'un timbre aigu, haut perché. "Bayview" est un instrumental jazz, base d'un dialogue très versatile entre Baty et les ivoires de Chris Siebert. "Steady rollin' man" est une plage dépouillée, très roots, ne réunissant qu'Estrin et la basse acoustique. Charlie revient, plus brillant que jamais, pour interpréter la finale swing "Go on if you're goin". Excellent!

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Little Charlie
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Alligator / Munich
  • Date: 2002-12-31
  • Rating: 0
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