Si on ne tient pas compte de sa participation à la la B.O. du film Magnolia, " Lost in space " constitue le quatrième album d'Aimee Mann. Un album mélancolique qui traite des thèmes de l'obsession, de la compulsion ou encore de la dépendance (" Humpty Dumpty ", " Real bad news "). Les onze morceaux de cet opus manifestent une sensibilité acoustique, mise à fleur de peau par les accords expressifs d'Aimee à la guitare ; des fragments enrichis toutefois, occasionnellement, par quelques discrètes distorsions électroniques. Mais chacune des mélodies est mise au service de sa voix riche et de son lyrisme éloquent. Ballades plus ou moins heureuses, plages plus ou moins instrumentales, vocalises plus ou moins dépressives, " Lost in space " consacre la création la plus douloureuse d'Aimee Mann. Au creux de la vague, l'atmosphère reste, tout au long de l'écoute, triste mais pas sans espoir. Nonobstant cette lourdeur mélancolique, une artiste qui compose la musique, écrit les paroles de ses chansons et les interprète, ne peut qu'être pardonnée de son humeur maussade ; encore qu'il soit permis d'espérer que ce spleen ne soit que passager. Et si cette œuvre ressemble, quelque part, aux précédentes, lorsqu'une certaine familiarisation (pour ne pas dire dépendance) à cette association particulière entre la voix et les mélodies commence à s'installer, ce n'est pas pour me déplaire. A quand le suivant ?
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