En ces temps difficiles où quelques déceptions ont émaillé nos dernières écoutes, on se réjouissait à l’écoute d’un nouvel album de Scorpions. Et pourtant, on se demande encore ce qui a poussé le venimeux groupe vétéran à se soumettre à tel exercice. Sans être véritablement génial, « Sting of the Tail », présenté comme un album d’adieu, avait au moins la qualité d’apporter du sang non seulement neuf, mais surtout bien lourd, comme à la grande époque. « Comeblack », malgré ses apparences trompeuses, n’est pas un véritable nouvel opus de la bande à Klaus Meine. A moitié constitué de grands classiques réenregistrés, y figurent aussi des reprises de titres écrits dans les années 60.
Peu à l’aise sur le « Ruby Tuesday » des Stones, et complètement à côté de la plaque sur le « Children of Revolution » de T. Rex, le combo évolue avec bien plus d’aisance sur le standard des Kings « All Day And Out Of The Night ». Quant à « Tainted Love », ce titre appartient définitivement à Soft Cell (NDR : en fait, signé par Ed Copp du groupe The Four Preps, il a d’abord été popularisée en 1964 par Gloria Jones, avant d’être traduit en hit planétaire par le duo Marc Almond/Dave Ball). Il aura fallu, avant l’audition de ces reprises en demi-teinte, se farcir sept des plus grands hits de Scorpions, dans des ‘nouvelles’ versions. Et on reste bouche bée devant une telle initiative, car il est évident que des classiques comme « The Zoo », « No One Like You » et « Blackout » n’ont pas besoin de lifting. La puissance de feu de Scorpions est largement reconnue dans la famille metal. Mais la voix de Klaus Meine, même si elle demeure une des plus belles des groupes catalogués hard rock eighties, ne s’est pas améliorée au fil des décennies, et cela s’entend dès les premières mesures de « Rhythm Of Love ».
S’agit-il de la dernière piqûre des valeureux Teutons ? Si c’est le cas, elle n’a pas grand-chose de venimeux.

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