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Depuis le split du Led Zeppelin, consécutif au décès du drummer John Bonham, Robert Plant s'est évertué à multiplier les expérimentations dans le domaine du folk, du rythm'n blues, mais surtout de la world music. Avec pour conséquence une volée de bois vert émanant de la frange la plus conservatrice (NDR : qui a dit rétrograde ?) des métalleux. Avec le recul, il faut se rendre à l'évidence : Plant avait vu juste. Alors que la plupart de ses contemporains resservent la même soupe depuis plus de 20 ans, Robert a conservé ce goût du risque, au mépris du succès commercial. Pas qu'il ait délibérément craché dans la soupe. Mais parce qu'il a conservé ce souci d'innover. Même sa collaboration avec Jimmy Page a démontré ses limites discographiques. Pas scénique, il est vrai. Surtout lorsque le duo avait eu l'idée géniale d'effectuer une tournée en compagnie d'un orchestre symphonique et d'un ensemble folklorique égyptien. Bref, lorsque l'aventure a été de nouveau au rendez-vous. L'ex chanteur du dirigeable s'est attaqué, à travers " Dreamland " à pas moins de neuf reprises de psyché/blues/folk. Hormis la version décalée et orientaliste du " Hey Joe " de Jimi Hendrix et la fabuleuse adaptation du luxuriant " Song to the siren " de Tim Buckley, le reste est très peu connu du commun des mortels. A l'instar de l'autre cover écrite par Arthur Crudup, qui figurait également au répertoire de Jeff Buckley, l'atmosphérique et envoûtant " Win my train fare home ". Du " Funny in my mind " de Bukka White, embourbé dans les mêmes swamps louisianais que 16th Horsepower. De l'adaptation de " One more cup of coffee " de Bob Dylan, fragment dont la sensualité de feu et de souffre est dynamisée par une six cordes flamenco. Du luxuriant " Morning dew ", signé Tim Rose. Du funk blanc presque 'zeppelinien' " Last time I saw her ", de Gordon Lightfoot, et de l'anti-hymne bouleversant des Youngbloods, " Darkness, darkness " (NDR : une compo qui date de 69 !). Sans oublier le clin d'œil adressé au " Pinball Wizard " du Who, à travers le final " Skip's song " des Bottle Rockets. Quant au seul et véritable titre écrit par Plant (le blues spectral et slidé " Red dress "), il est de la même trempe. En fait, tout en s'immergeant dans la culture orientale, Plant exerce un contrôle mystérieux et efficace sur chaque adaptation. Grâce à sa voix qui a considérablement mûri. Et puis en s'appuyant sur un solide backing group, le Strange Sensation, au sein duquel on retrouve l'ex Cure Porl Thompson. Enfin à travers des expérimentations électroniques (NDR : y compris les arrangements orchestraux) qu'il mène avec beaucoup de feeling et d'à propos. En quelque sorte, il a repris son bâton de pèlerin, là où il l'avait laissé après " Fate of nations ". Du grand art !

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Robert Plant
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: ()
  • Date: 2002-12-31
  • Rating: 0
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