Désormais installés entre Cologne, Amsterdam et Berlin, les membres de SMILE dévoilent le premier extrait de leur premier long playing, intitulé « GUN-SHY ». Les amateurs dont le cœur s’emballe aux noms de Sonic Youth ou Dry Cleaning feraient bien de prêter l’oreille. Rédigé par Anika, le communiqué de presse introduit un univers visuel fort : la pochette du disque expose la chanteuse Rubee Fegan sous un déguisement de caniche rose, tandis que le clip vidéo l'entraîne dans une traversée de sa ville natale d’Albuquerque. Reconnu pour ses prestations physiques qui s'apparentent à de véritables montagnes russes émotionnelles, le quintette transmet des frissons garantis par la seule présence magnétique de sa vocaliste. À travers ces compositions inédites, la formation s'est efforcée de capturer l’énergie brute de ses concerts afin de la graver sur le sillon.
Une esthétique punk et sans filtre
SMILE livre des récits noise-punk rythmés, miroirs d’une réalité rugueuse. Le combo s'habille d’atours post-rock, se masque derrière des têtes d’animaux, s'orne d'un eye-liner épais et de résilles rose vif, le tout submergé par des guitares hurlantes. Sans aucun filtre, les mâchoires serrées, les musiciens retiennent l'auditeur au sein d'une communauté soudée par les valeurs du Do It Yourself (DIY).
Nés durant les heures suspendues du Covid, les cinq complices ont investi l'estrade DIY de Cologne. Pour eux, l'art exige de quitter les écrans pour investir les salles. « Cette philosophie consiste à créer de la musique en compagnie de ses amis, dans un espace ouvert à tous », affirme le bassiste Max Schmidt. Résolument anti-establishment, la formation privilégie l’authenticité au marketing : « Si nous ne générons pas de clics, c’est que notre démarche reste intéressante. »
L'énergie du live capturée en studio
SMILE ne fuit pas la vérité, il la hurle. Les textes féministes et anticapitalistes de Rubee Fegan appellent à la rébellion et rejettent la misogynie, tout en côtoyant les fêlures humaines. Tranchants, les morceaux percent les apparences pour révéler la sensibilité sous-jacente. Pour préserver la spontanéité des planches, le combo privilégie les démos et les premières prises. « Notre musique prend tout son sens lorsque le public partage notre espace et s'enflamme de notre énergie », confie la chanteuse.
Nourris par l'héritage de Fugazi, Slint ou Women, ces enfants des années 90 ont grandi au rythme de Limewire et des t-shirts de groupes. Privilégiant l'atmosphère aux structures conventionnelles, leurs morceaux cinématographiques naissent souvent d'une formule de Rubee ou d'un rythme pulsé par le batteur Marius Szarnych. Le guitariste Lars Fritzsche conclut : « Nous cherchons les zones d'inconfort, là où le son devient chaotique et dangereux. » Conçu sous la houlette du producteur Olaf Opal (connu pour ses collaborations initiales avec The Notwist), cet elpee s'écoute comme un voyage ferroviaire intense, bousculé par des paysages sonores sombres, des lignes de basse espiègles et de subtiles touches kitsch.
Extrait de cet opus, "Gotta run" est à voir et écouter ici
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