Ty Segall est un artiste un peu fêlé. Mais son talent est indéniable.
Relativement moins sauvage que ses précédents essais, « Goodbye Bread » explore le côté le plus pop du jeune prodige californien. Il affiche ici une forme de maturité inattendue, bien loin des volées de bois verts lancées à la face d’un monde en perpétuelle recherche d’un diamant brut à polir. Et pour y parvenir, il a décidé de piller avec grâce et élégance sa collection de disques les plus incandescents.
Pointant son « Revolver » droit sur la cible, il tire à bout portant dans le garage de ses grands parents. Insaisissable, il s’offre ainsi le portrait de Beck et dégomme le fantôme de Jay Reatard avec insolence.
Jamais trop propre sur lui, iconoclaste et adepte d’une cool attitude irrésistible, le gaillard nous livre ici un digne successeur à son « Melted », maintes fois plébiscité par les férus de Rock sixties bien crade et un rien barré.
C’est un sacré bon disque au cours duquel, sous ses allures foutraques, l’artiste dissimule mal une certaine révérence à ses aïeuls. Mais comme il affiche avec un tel aplomb, une telle fougue et même une telle candeur, on ne saurait que (se) (ré)jouir pleinement d’un tel bonheur…

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