Batteur/chanteur, Boyd Small est originaire de l'Oregon. Il y a drivé les Terraplanes avant de fonder son propre band, le Boyd Small Big Blues Band. Il a aussi longtemps côtoyé Screamin' Jay Hawkins et Guitar Shorty. En 1997, il est curieusement venu se fixer à Amsterdam pour apporter son aide à la création du label Cool Buzz. Un label qui nous a permis de découvrir quelques révélations hollandaises telles que Drippin' Honey, T-99, Sugarcane et Cuban Heels. Boyd a même enregistré l'album "This time no lies" pour ce label.
Au sein du Boyd Small Band, nous retrouvons de nombreux musiciens de Sugarcane. En l'occurrence le guitariste Bas Flesseman, le bassiste Jasper Mortier et les cuivres, Aldo Groen, Matthijs Willemsen et Jon Spijker. Mischa den Haring, le guitariste de T-99 est également de la partie. Boyd Small possède un style particulier, très personnel, qui ne permet guère de comparaison. Inutile donc de lui coller des étiquettes. Il compose l'intégralité de son répertoire et sa voix fort originale, légèrement nasillarde, campe une espèce de Lou Reed bluesman.
L'harmoniciste Richard Koster pointe le bout du nez sur "Jungle Law" qui démarre de fort belle manière. "Say when" laisse transparaître une richesse et une complexité insoupçonnées. A cause de la trompette de Willemsen qui ouvre les soli, de la guitare de Flesseman toute en réverbération et des chœurs qui répondent à Boyd. Les cuivres se déploient telle une fanfare avant de se fondre dans "Straight up", une ballade envoûtante dont les cordes discrètes de Bart vont et viennent. Son solo sur l'éclatant "Just one" est très impressionnant. La guitare rythmique imprime le riff. L'harmonica intervient sur fond cuivré. Le ton monte. Boyd pousse ses cordes vocales, pour emprunter un timbre proche de Bono. Excellent! Le rythme se développe, s'accélère sur le très R&B "Too down for the fight", tout comme sur "Paper bag" d'ailleurs. Un fragment marqué par un nouveau changement de rythme et un accompagnement de chœurs du meilleur effet. La richesse de la composition est telle que les accents prennent parfois une forme pop, mais dans le bon sens du terme. Et je pense tout particulièrement à "64 Belair" qui manifeste toujours cette explosivité instrumentale, rehaussée ici par la présence du sax de Jan Spijker. Même schéma pour "Lessons never learned", "Solid ground" et le joli "Kansas" de Willie Barber, abordé derechef sous la forme d'un clin d'œil à Lou Reed. Chanté avec passion et discernement, "I'm bitter" est un slow blues dont la sensibilité perce nos âmes. Le sax de Jan monte en puissance. Les chœurs s'élèvent. Encore une réussite ! Ce très bon album de blues pop ne plaira sans doute pas aux puristes ; mais il est tellement différent dans sa démarche qu'il mérite qu'on s'y intéresse. Définitivement attractif et original !

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