Tim Elliott était le chanteur harmoniciste du groupe écossais Blues 'n' Trouble. Il avait déjà sorti en 1993 un album de country blues acoustique, sur le label hollandais Tramp, sous l'étiquette T.E & the Troublemakers.
Je ne sais quelle mouche l'a piqué mais cet album est une petite perle. Tim commence par allumer un bâton de dynamite : "The celebrated Tommy Ellis boogie". Deux minutes de boogie au ras du plancher caractérisées par un de ces sons! Et le plus étonnant, c'est qu'Elliott est capable de se mettre dans la peau de Dr Ross ou de Joe Hill. Seul assis devant une batterie de pied, guitare et harmo, il arrache son chant. Tout redevient serein la minute suivante, lorsque secondé par ses Troublemakers", il interprète une version sage du "Honest I do" de Jimmy Reed. "Suck my harpoon" est caractérisé par un échange entre deux harmonicas : ceux de Gary Martin et Tim. Ils rivalisent dans le plus pur style whoopin, cher à Sonny Terry. Quelques parenthèses fleurissent sur cet album : "How can you keep moving", la reprise de "Love in vain" de Robert Johnson et "Sure tastes good to me". Mais il est vraiment le meilleur, lorsqu'il adopte une approche primaire et rugueuse. Et il le manifeste à plusieurs reprises. A l'instar de "Hard work ain't easy", chanté à la manière graveleuse de Howlin' Wolf, du rugueux "Barkin", au cours duquel la slide gémit à n'en plus finir, et de l'explosif "Rich woman", qui constitue simplement un travail sur "I wish you would". Une particularité davantage accentuée lorsque Tim joue l'homme-orchestre sur "Going to the river". "The story of my life" est un superbe blues lent. Tim souligne son chant de courtes phrases d'harmonica chromatique. "Bed slats'n'all" s'achève par le très dépouillé "Lying in the woods". Un frisson vous parcourt l'échine à l'écoute de cette voix qui rappelle étrangement celle d'un fantôme : celui d'un certain Alan Wilson. Un excellent album!

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