Apparemment, j'ai dû manquer un épisode. Et cet épisode répond au nom de " Fort lake ", un album de trip hop semi-orchestral paru en 1998. Faut croire qu'à cette époque, la promo était déficiente… Bref, je dois avouer avoir été assez désagréablement surpris par la nouvelle orientation musicale empruntée par HNIA. Une métamorphose qui s'est amorcée lorsque la choriste de gospel Lovetta Pippen a remplacé la vocaliste aux inflexions angéliques, Karin Oliver. En 1996, si mes renseignements sont exacts. Si Karin possédait un timbre éthéré, propice à une musique fondamentalement atmosphérique, particulièrement romantique et à l'architecture gothique ( !?!?!), celui de Lovetta possède une profondeur, une texture et une sensualité qui s'inscrit dans la lignée des grandes chanteuses de jazz, de blues et de r&b. Pas pour rien qu'elle admire Aretha Franklin. Il faut croire que Warn Defever, le leader et fondateur du groupe, a adapté son écriture en conséquence. Et puis surtout opté pour une instrumentation plus technologique : synthés, boîtes à rythmes, samplings, et des arrangements plus sophistiqués, dont les cordes synthétisées ne sont pas les moindres. Créant ainsi une musique hybride où le violon, le violoncelle, la guitare (tantôt électrique ou acoustique) et la contrebasse ont, quand même encore, de temps en temps, leur mot à dire. Les traces de Cocteau Twins ou de Dead Can Dance ont été définitivement gommées dans la musique de HNIA. Ce " Someday my blues will cover the earth " explore même une version plus jazz, soul, voire blues de la trip hop que certains ont déjà qualifiée de r&b post millénaire. Personnellement, ce n'est pas ma tasse de thé ; et je dois avouer que cet opus me reste sur l'estomac…Question de goût sans doute…

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