Après avoir commis un cinquième album franchement consternant, puis ficelé une compilation plus que banale, Lenny semble en être revenu à de meilleurs sentiments. Tout d'abord, les ballades aux arrangements plus que mielleux ont pratiquement toutes disparues. Attention, pas que le sixième opus ne recèle plus de ballades, mais elles ont beaucoup plus de corps. Et je pense tout particulièrement au lennonesque " A million miles away ", sur lequel Lenny joue de la guitare acoustique ou encore au final " Let's get high ", un slow crapuleux qui aurait pu figurer dans le même bac de 45 trs que " Guitar man " de Bread, " Im not in love " de 10CC ou encore " All the young Dudes " de Mott The Hoople. La technologie moderne n'est cependant pas absente ; mais jamais envahissante, elle se résume à des bruitages, des collages, quelques samples et rythmes digitaux. La bonne nouvelle est tout bonnement électrique. Car Lenny a retrouvé toute la magie de son groove et le phrasé à la fois dévastateur et contagieux de sa six cordes. Des sensations qu'il puise, bien évidemment, en s'inspirant de Jimi Hendrix et du Led Zeppelin. Et une technique qui lui avait permis de concevoir des tubes comme " Mr Cab Driver " ou encore " Are you gonna go my way ? ". Single en puissance, " Battlefield of love" en possède toutes les caractéristiques. " Pay to play " est aussi saignant que " Cold turkey " du Plastic Ono Band, alors que vivifiant, décapant, carré et hymnique, " Dig in " nous replonge dans l'univers du Free. Enfin la frénésie virevoltante de " Bank robber man " nous réconcilie définitivement avec son soul rock. Dommage que tout l'album ne soit pas de cette trempe !

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