Du line up initial, il ne reste apparemment plus que David Freel, chanteur, compositeur, guitariste et par la force des choses multi-instrumentiste. Pour enregistrer " Everybody wants to know ", il a bien reçu le concours d'un drummer, mais uniquement sur quelques morceaux. Ce sixième opus de Swell est bourré de contrastes. D'abord, il est beaucoup plus électrique. Pas que la guitare acoustique ait été négligée, mais elle est moins présente ; et puis elle n'est plus la seule à sculpter les mélodies, comme à l'époque de " 41 ", dont l'empreinte slo fi était devenue une référence, mais également l'antidote du mouvement grunge. Une bonne moitié des fragments du nouvel opus produisent un groove lancinant, obsessionnel. Et en particulier " Try me ", qui ne dépareillerait pas dans le répertoire d'un combo de néo baggy. " Feed " également. Pulsant, hanté par l'esprit de Dylan (NDR : et son " Lay lady lay ", en particulier) et gorgé de boucles et de samples, il est surtout terriblement excitant. Mais dans le style, c'est " …a velvet sun " qui demeure à mes oreilles le fragment le plus efficace. A cause des injections particulièrement savoureuses de piano sonore et de claviers fluides administrées dans un funk hypnotique digne de MC 900Ft Jesus. Swell n'a cependant pas perdu son art à traduire la complexité de la mélancolie dans une certaine élégance déchiquetée. Et puis de nous envoûter par ses sonorités étranges, ténébreuses, rampantes, brumeuses, écorchées par le timbre vocal de David, capable d'osciller du sardonique au dérangé en passant par le limpide et le fatigué, sonorités qui vagabondent au rythme du battement de cœur…

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