John Stedman, boss de JSP, aime laisser ‘Carte blanche’ à Jimmy Morello. Nous retrouvons ainsi, tout au long de cet opus, le style West Coast jump, qu'affectionne tant Jimmy. Mais la découverte nous vient d'un certain Richard Boals. Peu connu, ce musicien qui reconnaît pour influences majeures James Burton, Chuck Berry, Steve Cropper et Eric Clapton, a longtemps vécu dans l'Ohio. Il réside aujourd'hui à Albuquerque dans le Nouveau Mexique. "That's the truth" est sans doute un album à créditer autant à Morello qu'à Boals. En effet, il a écrit 8 des 11 plages et assume la production ! Les musiciens sont des habitués de la bande de L.A. John Marx à la guitare, Rick Reed et Paul Fasulo pour section rythmique, Tom Mahon au piano, sans oublier Johnny Viau et Troy Jennings aux cuivres.
"Leave me alone" allume la mèche de la dynamite. Sur un rythme soutenu, proche du rock'n'roll, les musiciens se succèdent aux soli. Celui de Richard, bien sûr, de Tom qui boogie ferme aux ivoires et surtout de Jonny qui souffle comme un dieu dans son sax ténor. "Ain't doing nothing wrong" maintient à la fois l'intérêt et le rythme. Ces deux brûlots sortent, il est vrai, de la plume de Morello. "No turning back", est une jolie ballade, au rythme adouci, qui vaut surtout par une intervention tout à fait superbe de Viau. Le rythme et le swing s'installent sur "Tacos for two". Un instrumental qui permet à Troy Jennings de dialoguer avec Jonny Viau. Nouveau coup d'accélérateur sur "Two timin' baby" et "Got my eyes on you". Du west coast boogie, que Boals mène de sa voix forte, pendant que Mahon et Viau crachent leur fougue à tour de rôle. L'occasion est donnée à Richard de servir le blues de Chicago sur "Silver spoon". Et il ne s'en sort pas mal du tout, notamment grâce à l'intervention mesurée et à la sortie remarquée de John Marx! Ce dernier se remet rapidement en selle pour éclairer de sa guitare "It's my baby at the door". "The night is still" est une ballade tranquille qui brille au clair de lune ; et le rayonnement opéré par la reverb de la guitare rappelle, ni plus ni moins, Otis Rush. Un effet très réussi. Cet album mérite toute votre attention.

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