La première mouture des Groundhogs remonte à 1962. Ils tiraient leur nom du "Groundhog Blues" de John Lee Hooker. Le leader était déjà le chanteur guitariste Tony McPhee. Le groupe aura d'ailleurs l'honneur d'accompagner en tournée John Lee en 1964. Les Groundhogs se sont séparés en 66, pour revenir dès 68 en plein British Blues Boom. Deux albums blues datent de cette époque : "Scratching the surface" et "Blues obituary".
Comme nombre de ses contemporains, Tony a conduit le groupe vers un rock plus progressif. Une évolution qui lui apportera un certain succès. Début des 70s, sortent des albums clé, "Thank Christ for the bomb", "Who will save the world", "Split" et "Hogwash". Fin 74, le groupe se sépare à nouveau, mais revient un an plus tard flanqué d'un 2ème guitariste pour épauler Tony. Sous ce nouveau line up, le groupe enregistre alors les albums "Crosscut saw" et "Black diamond".
"Boogie with us" réunit des témoignages live issus de deux concerts accordés en 1971, à Leeds et Londres, et en 1976, à Stockholm. C'est donc l'étiquette rock qui est ici à l'honneur, quoique le blues reste bien présent dans la trame de quelques plages.
L'ouverture "Garden" est un bon témoignage de cette époque. Mais ce qui frappe le plus, c'est bien entendu la guitare de Tony. Son style rock est tout à fait original. Il ne ressemble pas vraiment aux guitar-heroes de l'époque. Les racines blues de Tony ne tardent guère à se manifester. Pas pour rien qu'il deviendra l’un des plus ardents défenseurs de la scène folk blues anglaise (comme Dave et Jo Ann Kelly). Il est vraiment à l'aise sur le rythme familier de John Lee Hooker ; et en particulier lors de son interprétation solitaire du "Groundhog blues". Qui reste, à mes oreilles, le grand moment de l'album. "Mistreatred" n'est pas mal non plus, même si le rythme s'accélère. "Cherry Red" est un blues rock qui laisse échapper de beaux petits soli bien parfumés de l'époque, avec à la clé, des dérapages hérités de Jimi Hendrix. J'aime moins les extraits qui datent de 76. Les deux guitares y dérapent un peu trop systématiquement dans des exercices de style kilométriques. Comme sur les deux parties de "Light my light". Seul "Boogie with us", qui donne son nom à l'album, maintient la flamme de la boogie music.

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