Frank ‘Son’ Seals est né à Osceola dans l'Arkansas. En 1942. Il baigne très tôt dans le blues, puisque son père tenait un juke joint. Durant les 60s, il joue de la batterie dans le backing band d'Albert King. Basé depuis 71 à Chicago, il est alors découvert par Bruce Iglauer, le patron du label Alligator. Il a enregistré à ce jour 8 albums sur ce label, dont le superbe "Midnight son" en 1977 et le live "Spontaneous combustion" en 96, son dernier opus. Il puise ses deux influences majeures chez Magic Sam, et de manière plus évidente, chez Albert King. Un point de départ qui lui a permis de se façonner un style très personnel dont il est en effet facile de reconnaître le jeu.
Cette joie de jouer, de libérer des notes coupantes mais toujours mélodieuses, nous la retrouvons dans toute son œuvre. Tendez donc l'oreille à "Doc's blues". A n'en pas douter, le musicien doit être heureux pour imaginer de tels soli. Sur "Hair on a frog", personne ne peut le retenir. Les cuivres en bavent d'aise et Al Kooper sourit derrière son orgue Hammond. La puissante voix de Son semble encore s'épaissir avec l'âge. Elle paraît forgée pour chanter le blues lent. Comme ici sur "Bad blood" et "Jelly, jelly". Seals s'essaie aussi au rock'n'roll. Sur "Osceola rock". Au gospel également. Lors d'un irrésistible "Rockin' and rollin' tonight" qui emprunte à la fois au country et au roadhouse blues. Enrichie d'arrangements de cuivres et caractérisée par sa mélodie accrocheuse, "Let it go" est ma plage favorite. A coup sûr, l'un des tous meilleurs albums de ce début 2000 !

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