Souchon souchonne évidemment. Des musiques légères, des mots épars, des expressions enfantines et, au total, des ambiances délicieuses. On s'y plonge avec d'autant moins de réticences que Souchon fait du Souchon sans trop se répéter. Il conserve ses ingrédients personnels mais change de livre de recettes au fil du temps qui passe. Il ne dit plus "J'ai dix ans" mais raconte les humeurs d'un quinquagénaire moderne, inquiet des désastres écologiques ("Pardon"), amoureux des marchandes de glaces ("Tailler la zone")... "Au ras des pâquerettes" a été peaufiné en cinq ans - d'où son côté un peu trop léché à mon goût - avec la complicité habituelle de Laurent Voulzy et celle de son fils Pierre, responsable de la musique pour plusieurs compositions. Le disque comporte quelques morceaux plus faibles ("Une guitare, un citoyen", par exemple) mais est tiré, comme Souchon sait le faire à chaque fois, par une mélodie irrésistible qui fait le bonheur des radios (de toutes les radios, car dans toutes les chapelles on aime Souchon). Ce tube, c'est donc "Le baiser", une rêverie en mer du nord avec des parfums de Belgique et des effluves de fancy fair.

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