Paul Weller est un excellent compositeur. Il faut le reconnaître. Malheureusement, depuis le split de Jam, il n'a jamais brillé qu'à travers des singles, devenus pour la plupart des hits. Nonobstant les différentes expérimentations menées dans l'acid house, le néo-classique ou le jazz, ses albums nous ont toujours parus ternes et ténébreux, pour ne pas dire ennuyeux. En particulier, ceux qu'il a commis au sein de Style Council.
" Heliocentric " constitue son cinquième album solo. Un disque pour lequel il a notamment reçu le concours de Robert Kirby, l'ex arrangeur de feu Nick Drake, ainsi que le guitariste et le bassiste d'Ocean Colour Scene. Et le résultat va au-delà de nos espérances. Parce que si l'opus recèle encore l'une ou l'autre chanson grevée d'orchestrations un peu trop pompeuses, il nous réserve surtout d'excellentes surprises. Comme le ‘procolharumien’ " Frightened ", le convulsif, post new wave, aux relents crazyhorsiens " There's no drinking, after you're dead ", et surtout " Piking up sticks ", tantôt nacré de claviers ‘hammond’, tantôt moiré de vibrations de xylophone vulnérables, réminiscences du défunt et mythique Argent. Un jardin musical dont le ton boisé, rafraîchissant, kaléidoscopique, parfois légèrement teinté de psychédélisme, permet enfin à Paul de donner la pleine mesure de son talent. De compositeur, bien sûr. Mais également de lyriciste. Du grand Weller !

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