Les grands, ceux qui ont créé les styles aussi présents ces dernières années, tels que T-Bone Walker, Percy Mayfield, Lowell Fulsom, Johnny Guitar Watson et… Pee Wee Crayton, ont tous disparu, mais leur musique a rarement pris une ride. Pee Wee Crayton a été en son temps un grand novateur. Il suffit d'écouter l'ouverture "Blues at daybreak". Le style, le rythme, les riffs imprimés par les cuivres, le piano qui roucoule et cette guitare très présente à l'avant-plan dessinant des chorus qui nous sont familiers. C'est aussi bien entendu l'ambiance fin de soirée. La moiteur qui s'installe. Les volutes de fumée. Les silhouettes enlacées qui se profilent dans la pénombre de la piste de danse. C'est l'atmosphère de "Early hours" et de "Blues after hours".
L'album ne reprend pas les plus grandes années de l'artiste. Il réunit pour la 1ère fois en CD le meilleur de 2 albums sortis en 83 et 84 sur le label Murray Brothers. Mais qu'est-ce que ça peut être bon de retrouver le jump délirant, le swing torride de "Barefootin", flanqué de Honey Piazza au piano. Malheureusement, l'année suivante, soit en 85, Pee Wee partait pour le paradis des bluesmen. Sa guitare est au bord de la rupture quand il attaque le "When I'm wrong" de BB King, pendant que Rod Piazza plante son harmo dans le décor. Rod prend un solo comme au bon temps où il cotoyait George Smith. Ajoutons que les titres signés Crayton sont pour la plupart issus de la plume de son épouse Esther. A pointer "Red Rose boogie" et "Hearin home". Je serai complet en vous disant que c'est Doug McLeod qui se réserve la guitare rythmique.

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