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Old Ideas

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Alors que Bob Dylan avait décidé de surfer sur la vague de la musique folk et populaire dès la naissance du genre, au début des années 60, Leonard Cohen, dans l’ombre de son contemporain, avait surpris et convaincu les labels qu’il était possible de graver des disques très personnels, follement poétiques, anarchiques et capables de plaire au grand public dès 1967, en publiant « Songs of Leonard Cohen ».

Quarante-cinq ans de carrière plus tard, le sublime dandy ténébreux âgé de 77 ans nous démontre encore, à travers son douzième album intitulé « Old Ideas », qu’il demeure vraisemblablement le meilleur parolier du monde.

On aurait en effet pu craindre une œuvre de plus ou de trop qui aurait suivi les plus que mitigés « Ten New Songs » (2001) et « Dear Heather » (2004) ; mais le dernier opus studio du chanteur canadien a pris huit ans avant d’éclore comme un authentique événement musical.

Dix titres sur lesquels le diseur magnifique, imprégné de son âge, se raconte dans un dialogue sincère avec lui-même. Un exercice de style, et non d’égo, où le poète canadien égrène ses réflexions sur la mort, le temps qui passe, les vicissitudes de la vie et du corps, sans jamais quitter les rivages sombres de son lyrisme ténébreux, portant même le cap au large de l’autodérision. Dix titres au cours desquels Leonard Cohen atteint un sommet artistique d’une rare beauté. Moment choisi par le dandy, plutôt adepte du self control, pour nous livrer son être.

 Chaque album de Cohen possède sa propre atmosphère, sa propre ambiance et son propre langage. Sur « Old Ideas », la voix bien timbrée, érodée par le temps, n’a jamais été aussi grave, aussi profonde, virilement éraillée, presque fragile. Une voix parée des arrangements habituels –claviers minimalistes, violons langoureux, chœurs féminins, soli old-fashioned– sur un fond délibérément dépouillé, mieux dosé. Léonard Cohen ne réinvente pas sa musique mais semble revisiter ses différentes facettes. Ici, on y retrouve quelques-unes des grandes dames de la chanson américaine, tous répertoires confondus, du folk au jazz et du blues au gospel ; les traditions yiddish et même celtiques ne sont pas oubliées. Dix nouvelles chansons d’où s’exhalent avec grâce l’essence du grand âge et l’expérience quintessenciée qui, d’esquisse en épure singulièrement précises, tenteraient le sublime, l’œuvre absolue. Les textes, admirablement ciselés, semblent caresser la vie d’un homme usé par le temps, un old man en fin de chemin ; il le sait et chante qu’il ne lui reste guère de temps devant lui à durer : « The Darkness ».

Malgré la richesse de l’œuvre antérieure du musicien montréalais, le pessimisme existentiel et la quête intérieure érigent ce dernier essai en l’(une des) œuvre(s) la plus importante(s) de la carrière de Léonard Cohen. Tirons trois perles de cet album somptueux : «  Going Home », texte à l’ironie aussi cruelle que désabusée, « Show Me The Place », douloureux et splendide cantique d’amour défunt, et « Come Healing », parfum de rédemption qui invite à la réconciliation de l’âme et du corps… 

C’est précisément parce que le Beau n’est rien d’autre que le commencement du terrible que cette œuvre d’une tragique noirceur se transforme en un hymne étincelant, d’une ténébreuse beauté. Maudit d’entre les poètes maudits, Leonard Cohen (fan absolu de Baudelaire) tend le doigt vers des horizons brûlés laissant transparaître implicitement des références à la grande littérature américaine du XXème siècle. Ainsi, on y retrouve des accents inspirés de William Faulkner, Ernest Hemingway, William Burroughs, John Fante, Allen Ginsberg ou encore Charles Bukowski. « Old Ideas » : un moment de pure grâce musicale et d’intensité littéraire. Un album déjà culte !         

        

Informations supplémentaires

  • Band Name: Leonard Cohen
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Columbia / Sony Music
  • Date: 2012-01-30
  • Rating: 4
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