L’album de Savoy Brown était très attendu. Leader incontesté, Kim Simmonds, a gardé le chanteur bassiste Nathaniel Peterson que l'on a pu voir lors de la dernière tournée européenne. Nouveau venu à la batterie, Tom Compton est un ancien musicien d'Alvin Lee. Des invités de prestige : Dave Maxwell au piano et Paul Oscher à l'harmonica.
L'album débute de la meilleure des manières, sous des accents de slide graisseuse, inspirés du Sud profond: "Going down to Mobile". Je persiste à penser que Nathnaniel a la voix idéale pour Savoy Brown, assez proche de Chris Youlden sur ce titre. "She's leaving" est le blues répétitif, sobrement rythmé qui était le faire-valoir du groupe dans sa période du début des 70s, avec Dave Walker au chant. Pour cette plage, le batteur d'origine Roger Earl est présent et Leo Lyons de Ten Years After tient la basse. C'est la même ambiance qui préside la plage titulaire. Pour "That's all I want baby", l'amplification est bloquée au minimum. Les deux guitares peuvent rivaliser. Celles de Kim et de… Duke Robillard. Le long et lent blues "Bad shape" m'avait enchanté lors d'un récent passage à Tourcoing. La version enregistrée est très dépouillée, mais nous laisse respirer à grandes bouffées le style Simmonds. Kim chante "Mississippi steamboat", une croisière fluviale vers New Orleans, soutenu par le piano de Maxwell pour donner du tonus. Il chante aussi "When you got a good friend", composé il y a bien longtemps par Robert Johnson. Atmosphère Delta unplugged pour "Ain't no need to worry". Kim se réserve le bottleneck. La reprise de "Little Red rooster" est également au menu. Il est vrai que ce titre a toujours figuré au répertoire live. La finale est très enlevée, avec cordes dans le mode jazzy, nouveau duel Simmonds/Robillard à la clé. Solide album mais pas leur meilleur!

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