Quelle bonne idée Iverson ‘Lousiana Red’ Minter a eue de revenir enregistrer à Chicago. Lui qui vit en Allemagne depuis si longtemps. Un disque très ‘rouge’ pour Red. A la pochette où le rouge voisine le noir. Le Red qui intervient aussi sur 3 titres dont l'ouverture très Muddy Waters, "Red's vision". Red y développe sa vision des événements qui font l'actualité. Il est entouré de musiciens de première main qui s'entendent à merveille. Et cela se remarque.
C'est la fête sur "Play on your harp": Willie "Big Eyes" Smith à l'harmonica (pas à la batterie) et Allen Batts au piano. Quant au rythme il est mené par la basse de Willie Kent. Et puis vient enfin la slide, roucoulant dans un blues lent qui ne peut venir que de Chicago. Tout est parfaitement en place, bien huilé. Une superbe parenthèse jazz dans l'instrumental qui suit "Red's jazz groove" avec un solo pas piqué des vers, commis par Brian Bisesi. Musicien habituel de Luther Johnson, il a été invité pour gratter sur quelques plages. Brian et Red s'échangent des soli juteux sur le lent "Too poor to die", à nouveau très Waters. Red a eu une enfance très difficile dans les orphelinats. Sa mère est décédée d’une pneumonie, alors qu’il ne comptait que 7 jours. Il avait 5 ans lorsque son père est lynché par des membres du Ku Klux Klan. Le thème de sa jeunesse revient souvent dans son œuvre. Comme sur "Red's childhood memories", témoignage parlé, et "Orphanage home blues", absolument poignant, où Red n’est accompagné que de sa guitare. Ce couple reste pour "Leechie gardens" et "Got a home in that rock". L'amplification revient pour les 4 derniers titres, dont "That Detroit thing". Un rappel d'années passées dans la Motor City, parfois aux côtés de John Lee Hooker. Cet excellent album se termine par le "Millenium blues".

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