Spirit est né au cœur de ce bouillonnement musical qui a marqué la fin des sixties. Issue de Los Angeles, cette formation mêlait rock et jazz au sein d’une une atmosphère progressive et parfois psychédélique. Son leader était le jeune chanteur/guitariste Randy California. Plus tôt, il avait joué aux côtés de Jimi Hendrix chez Jimmy James & the Blue Flames. Randy était soutenu par son beau-père, Ed Cassidy, à la batterie et trois autres musiciens dont le pianiste John Locke.
Paru en 1968 chez CBS, le premier album recelait une longue plage majestueuse, intitulée “Mechanical world”. Il était éponyme. Leur style va ensuite évoluer vers un format rigoureusement plus rock, à l’instar des œuvres suivantes, “The family that plays together”, “Clear” et “The twelve dreams of Dr Sardonicus”. Au fil du temps, la formation va subir de nombreux changements de line up, mais retrouver régulièrement les mêmes collaborateurs à des moments différents.
Mars 1978, le band est à l’affiche du Rainbow Theatre de Londres, alors que nous sommes en pleine explosion du punk! En supporting act, se produit un groupe débutant : The Police. Spirit est alors réduit à un trio, impliquant trois musiciens assez extraordinaires : California, Cassidy derrière les fûts et le bassiste Larry ‘Fuzzy’ Kinght (NDR : ce dernier est toujours leader de son Blinddog Smokin’ Blues Revue aujourd’hui). Le concert avait été enregistré pour permettre la publication d’un elpee live, “Live Spirit”, l’année suivante. Mais ce disque avait subi différents reliftages avant d’être commercialisé : remixages et ajouts de prises de guitare étaient censés pallier les défauts de prise de son.
“Two sides of a rainbow” est double. Et il provient de bandes retrouvées et retravaillées par Mick Skidmore. Des bandes directement prises sur la table de mixage. Elles sont immortalisées sur le premier disque.
Les rappels (d’une durée de 35’) figurent en début du deuxième cd. Ils sont suivis par le même concert consacré à “Live Spirit”, mais avec un son différent. Ce qui explique le titre de cet opus, “Two sides on a rainbow”! Un set fabuleux au cours duquel le trio était au sommet de son art. C’est vrai, la prise de son n’est pas vraiment terrible, mais cette œuvre devrait ravir les fans. Elle recèle en outre, les deux hits single, “I got the line on you” et “1984”, trois titres extraits de leur célèbre elpee, “Dr Sardonicus” dont le superbe “Nature’s way” ainsi qu’un inédit particulièrement dynamique, enregistré en studio, “Looking down from a mountain”. Sans oublier les reprises qui faisaient la richesse des concerts : “Like a rolling Stone” de Dylan, “Hey Joe” interprété en forme de clin d’œil adressé à Hendrix ; et, en rappel, “All along the watchtower” (toujours du Zim), ainsi que “Stone free” et “Wild thing”, adaptés à la manière du dieu Jimi. Bref, tout en saluant le travail opéré par Mr Skidmore, il faut reconnaître que celui que Randy California avait réalisé sur la mouture originale de “Live spirit”, était bien meilleur. Il ne pourra malheureusement plus donner son avis à ce sujet, puisqu’il a disparu, emporté par les flots de l’océan Pacifique, au large des îles Hawaï, en janvier 1997. Il avait 45 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé. Le rock venait de perdre un de ses plus grands guitaristes…

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